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Complices du pire
Les pires des complices ?

« Lorsqu’on va le samedi dans les manifestations violentes, on est complice du pire », la petite phrase macronienne, virile et laconique vient enrichir le riche répertoire de sentences et apophtegmes du philosophe qui nous gouverne. Et il ajoute un peu plus loin « C’est un miracle qu’après autant de samedis avec cette violence, il n’y ait pas aucun mort à déplorer de la part des forces de l’ordre ».

Difficile de ne pas conclure que les miracles ne durent pas toujours et que si demain la Providence se lassait de protéger ces gueux, et en laissait tuer un ou deux par la police, ils ne pourraient s’en prendre qu’à eux-mêmes. Les complices du pire seraient au fond les pires des complices. On a sottement ennuyé ce bon Monsieur Benalla qui vous réglait le problème en deux baffes, il faut maintenant s’attendre au pire, en effet. On vous aura avertis !

D’ailleurs notre président ajoute « il faut un message clair de tout le monde pour dénoncer cette violence. J’en vois qui n’ont pas assez condamné la violence des manifestants, pas assez parlé de leur antisémitisme latent, des extrémistes qui les infiltrent... Comme dit Macron, il est dommage « qu’il n’y ait pas toujours eu cette clarté. Dénoncez, clarifiez, condamnez, sinon, vous serez peut-être vous aussi presque complices. Vous la sentez, votre responsabilité morale ?

De fait, il y a eu des morts, depuis le début des manifestations mais aucun imputable volontairement aux Gilets jaunes et tous par accident de voiture ou de moto. Les mauvais esprits feront remarquer qu’une dame a été tuée par une grenade, une marseillaise de 90 ans qui fermait les volets de sa maison sur la Canebière heurtée au visage par une lacrymogène. Mais les esprits précis que sont souvent les macroniens feront remarquer qu’elle est décédée du choc opératoire. Et puis, Madame fermer ses volets pour se protéger des gaz lacrymogènes, n’est-ce pas déjà marquer comme une méfiance suspecte envers les forces de l’ordre, n’est-ce pas commencer à excuser les manifestants, leur témoigner d’une sorte d’empathie ? Glisser sur la pente du discours de haine et de l’extrêmisme Est-ce bien raisonnable ? Réfléchissez : qui sont les vrais responsables : les manifestants, les urgentistes ? Les volets ? Allez savoir à cet âge.

Et puis il y a eu les yeux crevés, les mains arrachées. Mais en se précipitant ainsi sur les balles de défense (vous avez bien noté : de défense) les manifestants ne cherchaient-ils pas ce qui leur est arrivé ? Ne faudrait-il pas plutôt d’une forme particulièrement pitoyable de suicide qui aurait échoué ? D’une provocation, d’une atteinte au moral des forces de l’ordre ? Et dire que la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe demande à notre gouvernement de suspendre l’usage du lanceur de balles de défense ! Chochotte va ! Ah, on a du mérité à rester pro-européens avec des gens qui vous trahissent comme cela.

Cette théorie - qui n’est pas sans rappeler celle selon laquelle les filles qui ont des jupes trop courtes l’ont bien cherché si elles se font violer - est une façon intéressante de comprendre la notion de complicité (participation au crime commis par d’autres, suivant le dictionnaire). Voire aide, fourniture de moyens antérieure à sa commission, d’après notre droit. Complicité de la souris et du chat, de la cible et de la balle : tout est question de dialectique. Il suffit d’être philosophe.

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