Écologie, insécurité, Big Brother… « Les peurs collectives sont tout sauf neuves »

« Vous exploitez les peurs des Français », incontournable des débats télévisés. « Vous exploitez » : cynique, trompeur, manipulateur. « Les peurs » : passions tristes, hystéries hors de la réalité. « Des Français » : gare aux colères des foules égarées. Mêlant crypto-stratégie, proto-psychanalyse et pseudo-sociologie, l’accusation est censée tétaniser le méchant, délirant, démago. Mais aussi établir une ligne rouge. Il y a ceux qui exploitent des peurs et ceux qui cherchent des solutions à l’écoute des Français. Les déclinistes et les ouverts. Les rabougris et des progressistes. Les ennemis de la modernité et les amis du futur. Ajoutez « même pas peur » et attendez que « la peur change de camp »…

Pareille disqualification exclut du débat. Tantôt dans un registre libéral macronien : efficacité et modernité versus phantasmes archaïques. Tantôt plus à « gauche » : la crainte révèle une « phobie », une manifestation de la domination de classe, de genre, coloniale, etc.… Certains en conçoivent, du coup, une quasi phobophobie : crainte de développer des fantasmes et d’offenser un groupe (à l’égard de l’islam, des minorités…).

Lire la suite sur marianne.net

En lien avec cet article