ICC ENA Créateurs d’opinion et politique étrangère

À travers ses composantes – prestige, diffusion de discours et d’images persuasifs, formatage des esprits, propagation de normes et valeurs, mais aussi désinformation, déstabilisation, relais occultes…-, l’influence fut toujours le complément ou le substitut de la puissance.
Mais depuis bientôt un siècle, la production d’opinions favorables à ses desseins géostratégiques ou économiques, même hors frontières, est devenue un métier (certains disent : une science).
Des propagandistes de 14-18 qui se vantaient de «manufacturer» du consensus aux « spin doctors ».
Des fondations et centres de recherche aux think tanks engagées.
Des premières agences de communication défendant un pays ou une industrie aux lobbies de Bruxelles et de Washington.
Des organisations humanitaires aux ONG interpellant gouvernements et multinationales.
Des réseaux informels aux sociétés géantes de l’intelligence stratégique.

De l’amont (faire « l’agenda » les décideurs) jusqu’à l’aval (promotion d’une politique auprès des populations, déstabilisation des adversaires, …), tout se fait sur fond de révolution technologique : l’influence n’agit pas de la même façon avec des télévisions satellitaires ou des blogs qu’au temps où les douaniers arrêtaient les publications indésirables.

L’influence varie suivant les cultures comme le montrent les traditions américaines et françaises.
D’un côté : lobbies protégés par la constitution, rayonnement des think tanks, «diplomatie publique», « soft power », agences privées et médias planétaires …
De l’autre une pratique plus étatique, des réseaux diplomatiques, une politique du prestige, une mystique de la langue et de la « patrie des droits de l’homme », des références au multilatéralisme, mais certainement moins d’acteurs privés et moins de coopération.
Une opposition à juger au cas par cas.

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