IRIS Formation professionnelle : organisations et vecteurs d’influence

Problématique du cours…

3 séances


Depuis des siècles, les hommes cherchent des méthodes qui leur permettent de diriger autrui sans menace ni contrepartie, mais en agissant plutôt à travers l’opinion. Notamment par la persuasion (rhétorique, propagande, publicité), à travers le prestige de l’image ou la contagion de l’exemple, en modifiant ou orientant la façon dont l’autre interprète la réalité (pour renforcer le conformisme social ou, au contraire imposer à la majorité de nouveaux critères ou de nouvelles valeurs à la façon des minorités actives), en mobilisant des alliés ou des relais afin de peser sur l’attitude de leurs cibles… Cela s’appelle l’influence.
Des théories expliquent ce phénomène à l’échelon individuel, social, politique, économique, médiatique, géopolitique… Suivant les époques, on parlera de sophistique ou de « gagner les cœurs et les esprits », de lobbying ou d’opérations psychologique, de marketing politique ou de storytelling, de diplomatie publique ou de soft power

Mais ces techniques ne se pratiquent pas en amateurs : elles supposent des organisations d’influence qui se donnent pour but de peser sur le public, sur les élites, sur les relais d’opinion.

Dirigées par des États ou des particuliers, au service d’intérêts économiques, politiques ou idéologiques, parfois militaires (guerre psychologique ou opérations militaires d’influence) ou religieux, il existe des corps de professionnels de l’idée du mot ou de l’image qui exercent ainsi un pouvoir très particulier : il est plus que proportionnel à la puissance matérielle qu’ils possèdent, au ressources ou à l’autorité légale dont ils disposent. Et pourtant, il ne repose que sur l’utilisation de mots et d’images.

L’influence est à la fois un contre-pouvoir – elle s’oppose à l’autorité politique ou à la puissance d’une Nation, et un pouvoir indirect qui amène l’influencé (qu’il s’agisse des dirigeants, de groupes particuliers ou de l’opinion en générale) à adopter un point de vue ou un comportement favorables aux objectifs de l’influent.

Dans ce cours, nous étudierons l’évolution et le fonctionnement des trois principaux types d’organisations de ce type : les lobbie, les ONG et les think tanks. Tous ont vu leur puissance exploser au cours des dernières décennies.

Les premiers sont censé être au service d’intérêts privés et peser sur les décisions publiques. Les secondes, reposant sur le volontariat, sont supposées servir des causes générales qu’elles font avancer, par l’action, par la revendication, par la mobilisation de l’opinion nationale ou internationale. Quant aux think tanks, ces réservoirs d’idée, inspirent des politiques par leur expertise, mais aussi par leurs rapports avec les élites dirigeantes. Bien entendu, les choses sont plus compliquées dans la réalité et que les frontières ne sont pas toujours si claires entre les différents types d’organisations.

D’autant plus que les relations entre celles-ci et acteurs étatiques ne sont ni simples, ni unilatérales. Les organisations internationales et les médias sont également déterminants dans un jeu où sphère politique, sphère économique et sphère culturelle au sens large interfèrent constamment. Le tout, pendant qu’une évolution profonde bouleverse les rapports avec l’autorité comme les exigences sociétales et tandis que les technologies de communication (en particulier le web 2.0) créent de nouvelles sources de pouvoir et de contre-pouvoir.
Enfin nous envisagerons les méthodes négatives, de type désinformation, qui visent non pas à répandre des convictions ou à susciter des adhésions, mais à perturber l’action d’un adversaire, en le délégitimant, en faussant sa décision ou en lui faisant perdre des appuis.

Mode d’emploi : ce guide accompagne le cours de François-Bernard Huyghe

Outre les notes que vous prendrez en écoutant le cours, vous pourrez

naviguer sur mon site (www.huyghe.fr) au gré de votre inspiration pour :
y lire les articles (en utilisant la fonction rechercher) ou des extraits de livres, comme « Comprendre le pouvoir stratégique des médias »
consulter une bibliographie.
aller télécharger des brochures voire même des livres numériques.
Si un terme vous semble obscur, vous pouvez consulter un dictionnaire critique , ou la brochure cent mots, cent livres sur l’influence.

Vous pouvez également lire certains de mes livres directement en rapport avec le sujet comme :

  • « Maîtres du faire croire. De la propagande à l’influence » aux éditions Vuibert (2008)
  • « Comprendre le pouvoir stratégique des médias » (Eyrolles 2005)
  • ou encore Contre-pouvoirs (Ellipses 2009 avec L. François)

Par ailleurs, la brochure en PDF qui a servi au cours de l’année dernière, servant d’introduction à l’influence, et comprenant un Powerpoint avec de nombreuses illustrations, est téléchargeable sous le titre « Cent pages sur l’influence » à l’adresse http://calameo.com/books/000005128c5b87735255d

Enfin vous pouvez toujours me contacter sur infostrategie@gmail.com

Ps : si vous lisez ceci sur Internet ou en PDF, pas de problème, vous pouvez cliquer sur les parties soulignées. Si vous le lisez sur papier, et que vous désirez utiliser les hyperliens, le plus simple est d’aller le télécharger à l’adresse https://www.huyghe.fr/formation_32.htm




Bibliographie

AGIR Puissance et influence, Revue de la société de Stratégie n° 14, 2005

BAILLARGON N. Petit cours d’autodéfense intellectuelle, Lux, 2005

BECK Ulrich Pouvoir et contre-pouvoir à l’heure de la mondialisation, Flammarion, 2005

BERTHO-LAVENIR C. La démocratie et les médias au XX° siècle, A. Collin, 2000

BOUCHER S. Think tanks la guerre des cerveaux Félin 2006

CAHIERS de MÉDIOLOGIE n° 8, Croyances en guerre. Gallimard 1999, téléchargeable sur www.mediologie.org

CASTELLS M., L’ère de l’information, 3 tomes Fayard,1998

DASQUIÉ G., Les nouveaux pouvoirs, Flammarion, 2003

DELBECQUE E. La métamorphose du pouvoir, Vuibert 2009

DENECE & REVEL L’autre guerre des Etats-Unis, les secrets d’une machine de conquête, Flammarion, 2005

DEBRAY R., L’État séducteur, Gallimard, 1993

FABIAZ P., Comment manipuler les médias, Denoël, 1999

FRANCOIS L. (dir.) Business sous influence, Eyrolles 2004

FRANCOIS L. et Huyghe F.B., Contre-pouvoirs, Eyrolles 2009

GRANET D. et LAMOUR C. Médiabusiness le nouvel eldorado Fayard 2006

GUILLAUME M. L’empire des réseaux, Descartes et Cie, 2000

HARBULOT C. (dir.), La guerre cognitive, Lavauzelle 2002

HUYGHE FB,Maîtres du faire croire. De la propagande à l’influence. Vuibert 2008et

Think tanks, Vuibert 2014

KLEIN N. No Logo La tyrannie des marques Léméac/actes Sud 2001

LAIDI A. et LANVAUX D., Les secrets de la guerre économique Seuil 2004

MAISONNEUVE E. de la Stratégie Crise et Chaos Economica 2005

MOOG P.E., Les clubs de réflexion et d’influence L’Expansion, 2006

NEGRI & HARDT, Multitude La Découverte, 2004

ONG et entreprises du duel au duo Edelman n°1, 2001 (colloque au Sénat)

PANORAMIQUES n°52 dirigé par F.B. Huyghe, L’information, c’est la guerre Corlet 2001

PROBLÈMES POLITIQUES ET SOCIAUX n° 918, Les ONG acteurs de la mondialisation, Documentation française, Août 2002

PROBLÈMES POLITIQUES ET SOCIAUX n°877-878, Lobbying et vie politique, Documentation française, Novembre 2005

REVEL Claude, La gouvernance mondiale a commencé : Acteurs, enjeux, influences…, Ellipses 2006

RONSVALLON P. La contre-démocratie, Seuil 2006 et La légitimité démocratique 2009

STAUBER J. & Rampton S. L’industrie du mensonge : lobbying, communication, publicité et médias, Agone 2004

HEI Introduction à l’influence sur huyghe.fr

Voir aussi le glossaire : les mots de l’intelligence stratégique, de l’influence et de la crise

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