Patrimoine mondial et ruptures politiques

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Un patrimoine sans patrie ?

(à propos de la Convention du Patrimoine Mondial de l’Unesco), un texte de 1999

Un patrimoine sans patrie… Des monuments enracinés dans un terroir mais protégés de la Terre entière… Ce qui fut édifié en un temps, en un lieu par certains pour certains peut-il donc signifier pour tous, toujours, partout ? Oui, répond-on au seuil des années 70. De l’universalité des valeurs découle l’universelle obligation de solidarité, du caractère général des dangers qui menacent le patrimoine, l’urgence d’en proclamer l’importance mondiale. C’est ce qu’affirme un texte normatif, la Convention internationale pour la protection du Patrimoine mondial Culturel et Naturel adoptée en 1972 à l’initiative de l’Unesco . Les États membres s’engagent à collaborer pour préserver les sites inscrits sur une liste dite du Patrimoine mondial, y compris financièrement en contribuant à un Fonds. La Liste est dressée par un Comité intergouvernemental selon les critères d’éminence ou de rareté que résume la formule consacrée “de valeur universelle exceptionnelle”. Les deux notions, inventaire et sauvegarde de nos biens les plus précieux, se soutiennent tant que l’évidence consensuelle de “patrimoine” (ce dont la transmission mérite sacrifice, ce dont nous sommes dépositaires et redevables à l’égard de nos enfants) dissimule longtemps les ambiguïtés de “mondial”.

Ou plutôt, une généreuse ambition fait croire que l’unité de la science rendra justice à la pluralité des cultures, que la culture, processus de formation agissant sur l’homme et en révélant les potentialités, aidera chacun à apprécier l’autre, qu’ils communieront dans l’amour de ce qu’ils ont de plus haut, science, beauté, raison. Et que l’humanité, en sauvant son patrimoine, contribuera à bâtir “dans l’esprit des hommes” ces défenses de la paix qui justifient l’existence de l’Unesco.

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