Intelligence économique et influence

En intelligence économique, l’influence, constitue un troisième volet, à côté de la protection du patrimoine informationnel et des processus purement cognitifs de détection des menaces et opportunités pour l’activité économique dans l’environnement. Il s’agit cette fois de la capacité de modifier cet environnement en agissant sur les perceptions des partie prenantes (stakeholders). Cela passe par une très vaste gamme de méthodes positives (politique de réputation) ou négatives (déstabilisation, décrédibilisation), et cela va depuis une simple campagne de persuasion ou d’argumentation jusqu’à des processus à vaste échelle, impliquant l’action politique et visant jusqu’au « formatage » durable des élites et des opinions.

Par ailleurs, le concept d’influence est aussi utilisé en géopolitique (par contraste avec la catégorie de la « puissance »), dans les sciences politiques, notamment anglo-saxonnes pour explorer les domaines informels du pouvoir, et, avec plus ou moins de précision, en information et communication.

En Sciences de l’Information et de la Communication, l’idée sous-tend toute l’évolution de la sociologie des médias (des premières media studies aux tendances actuelles centrées sur les logiques de la réception). Elle interpelle les pragmatiques de la communication et l’école de Palo Alto.

Surtout, elle inspire une multitude de pratiques médiatiques, bien sûr, mais aussi de stratégies politiques (Soft power et public diplomacy aux USA, « projection d’image » en France). Tout cela suscite des formes organisationnelles inédites, vouées à un rôle de réflexion, médiation, représentation, persuasion.. (du lobby à l’ONG, ou de la think tank aux réseaux altermondialistes) et qui exploitent souvent le potentiel des TIC (e-influence, rôle des blogs et des forums, cyberactivisme, etc.).

L’influence peut être envisagée comme la modification d’un rapport de force par l’emploi délibéré d’information visant à transformer l’évaluation d’un décideur ou d’une opinion. Ceci se fait à travers trois de ses dimensions, toujours imbriquées dans la pratique : image de soi, message persuasif ou performatif, synergie des réseaux. Ce qui, une fois encore, oblige à envisager le phénomène d’influence à travers ses composantes

a) symbolique puisqu’il mobilise les ressorts du faire-croire, b) technique puisqu’il passe par des médias et médiations et enfin

c) stratégique, puisqu’il répond au critères de l’utilisation de moyen par une intelligence au service d’un projet et en opposition avec un autre dessein.

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