Influence : méthodes et organisations (ICOMTEC)

Introduction au cours à l’Icomtec de Poitiers

La notion d’influence tient un rôle crucial  dans l’Intelligence Économique. Il y a celle  que l’entreprise s’efforce exercer, par exemple pour conquérir des marchés en  se les rendant politiquement ou culturellement réceptifs (ou l’influence positive qu’exerce l’État pour promouvoir hors frontière sa politique, ses entreprises, sa culture, ses valeurs….).

Mais il y a aussi l’influence négative que subit l’entreprise.

 Elle se manifeste sous forme de critiques, de dénonciations ou révélations, de déstabilisation, de surveillance et de jugements. Les conséquences se traduisent aussi par l’apparition de  normes qui gênent l’action de l’acteur économique  et qui se  justifient de critères non économiques, écologiques ou sécuritaires. Sans oublier l’influence déstabilisatrice que peuvent exercer des concurrents ou des rivaux pour décrédibiliser une société ou contrarier ses projets.

L’influence, ce sont, d’abord des techniques – dont les plus anciennes s’appellent rhétorique des Anciens, ou les stratagèmes des chinois et les plus modernes e-influence, management de la perception, diplomatie publique, cyberpower soft…), …

Elles envahissent la politique, la géopolitique, la stratégie, l’économie… 

Mais l’influence est aussi le fait d’organisations spécialisées. Elles  ne vendent rien, ni n’exercent (ni  ne cherchent principalement à exercer) aucune autorité institutionnelle. Cependant, elles jouent un rôle considérable sur les idées prédominantes à une époque, sur l’opinion et les médias, sur les mobilisations (en particulier sur les réseaux), sur l’image des entreprises et de leur activité, etc.. 

Tantôt ces organisations coopèrent avec l’acteur économique, tantôt elles violent ses secrets, l’évaluent, le critiquent. Souvent; elle empêchent son action soit directement  (par une campagne de dénonciation, par exemple), soit indirectement, ainsi, en favorisant l’adoption de certaines normes et règlements.                                                                                     

Ces associations et organisations que l’on dit souvent « de la société civile » ou que le nouveau management considère comme  « parties prenantes » sont de divers types. Nous les appellerons par commodité OMI (Organisations Matérialisées d’Influence) et les diviserons en trois familles : producteurs d’idées et de solutions (Think Tanks et assimilés), défenseurs de causes (ONG et associations) ou avocats d’intérêts (lobbies ou groupes de pression de ce type)…. Des facteurs sociologiques ou idéologiques (l’aversion de nos sociétés au risque ou la crise des systèmes d’autorité p.e.) ou des facteurs technologiques comme le Web 2.0 en favorisent l’émergence. 

 Le tout dans un environnement où les situations de crise deviennent de plus en plus fréquentes et où les réseaux sociaux se révèlent de fabuleux vecteurs d’influence et par l’opinion qu’ils propagent et par l’action collective qu’ils organisent. Chacun de ces facteurs peut être marqué d’un signe positif ou négatif en fonction des objectifs et des méthodes de l’entreprise.

Du coup, toute entreprise se trouve confrontée à un problème technico-stratégique permanent  : comment anticiper (les crises, les attaques, les manoeuvres, les tendances..), comment être présente et s’exprimer, comment se défendre, comment s’allier et coopérer ? Et, pour commencer, comment savoir et comprendre ?

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