Wikileaks : bientôt un autre épisode

De nouvelles révélations sur l’Irak

L’affaire Wikileaks risque de rebondir. Après avoir publié 75.000 documents internes sur la guerre d’Afghanistan (et provoqué la fureur des autorités U.S.), le site du désormais célébrissime  Julien Assange, personnage charismatique qui a fait du « Whistleblowing » une question géopolitique, inquiète à nouveau le Pentagone : il serait sur le point de publier 400.000 nouveaux documents, sur l’Irak, cette fois. Et le département de la Défense a mobilisé son personnel pour préparer la défense.

Du coup, le Los Angeles Times se demande ce qui se serait passé si Wikileaks avait existé au moment du 11 Septembre : les alertes qui étaient remontées d’un agent du FBI (qui avait participé à l’arrestation du Jihadiste français Moussaoui), et l’instructeur de vol qui avait conçu des soupçons sur son élève, les autorités n’auraient pas pu ignorer ces avertissements. Et l’attentat aurait peut-être été empêché ou annulé. Ce qui est évidemment impossible à démontrer (après tout les kamikazes ont continué leur projet tout en sachant que Moussaoui était arrêté et en ignorant s’il avait parlé).

Au moment des fuites sur l’Afghanistan, les autorités US (et même le président Karzai) avaient affirmé que ces fuites risquaient de coûter la vie à des Afghans don les dossiers donnaient les noms et que les talibans n’allaient pas manquer d’égorger. Quelques mois plus tard, le Pentagone reconnaît qu’il ne s’en est rien passé. La sécurité nationale n’en a en rien souffert et les dommages aux opérations ou à les risques pour des agents américains ne se sont pas concrétisés.

Pourtant, même en tenant compte de la légère tendance à la paranoïa d’Assange – qui se promène avec tous ses secrets sur lui et est persuadé que les services US vont glisser des objets compromettants dans ses valises – il lui arrive des choses curieuses.

Après avoir été accusé de viol en Suède, Assange avait dénoncé une manoeuvre du Pentagone. Puis il s’est vu désavoué par le cofondateur du site. Quelques temps après, c’est le porte-parole allemand de Wikileaks qui démissionne. Dernier épisode : on apprend que la compagnie anglaise Moneybooker qui collecte les donations pour le site a décidé en Août de fermer son compte quelques jours après que le Pentagone ait inscrit Wikileaks sur sa liste d’organisations suspectes aux yeux des autorités américaines.

Tout semble donc indiquer que le second épisode de l’affaire Wikileaks sera tout aussi compliqué et rempli de coups tordus que le précédent. Une affaire que nous ne manquerons pas de suivre sur ce site.

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