La fin des chefs ?

Le numérique et l’anarchique

S’il est un point sur lequel convergent toutes les analyses, c’est le déclin de l’autorité. Depuis toujours, l’autorité a été considérée comme une aptitude à obtenir l’obéissance de ses subordonnées, une faculté propre aux individus (ou aux institutions qu’ils représentent) et qui se concrétise sans avoir à recourir à la sanction ou à la promesse, sans violence, mais aussi sans persuasion (l’autorité ne se négocie pas puisque, par définition, elle se reconnaît).

Bref, l’autorité, c’est le pouvoir fonctionnant sans friction, comme dans le silence des organes subordonnés : elle était là parce qu’elle était admise et considérée comme naturelle. Inégalitaire l’autorité descendait du supérieur vers le subordonné consentant. Elle se reconnaît à ce qu’elle sait se faire oublier : on obéit, voilà tout.

Et c’est précisément ce qui est remis en cause dans une culture où « chef » est devenu un concept gastronomque et où autorité n’est acceptable que suivir de « morale ».

OBÉISSANCE VERSUS CONTRAINTE

Pour une large part, la question de l’autorité se confond avec celle de la légitimité du pouvoir (ou avec la croyance en sa légitimité). En ce sens c’est une des plus vieilles questions de la philosophie. Pour Platon, le pouvoir légitime est celui qui, comme celui qu’exerce le médecin sur le malade, le pilote du navire sur ses passagers, le maître sur ses élèves…, se justifie par un savoir supérieur. Pour Aristote, le pouvoir est une forme naturelle des relations humaines – y compris le pouvoir du maître sur l’esclave – et reflète la différence des capacités et se justifie par la protection que le fort accorde au faible, ou le puissante et le compétent à l’incapable.

Hannah Arendt dans « Qu’est-ce que l’autorité ? » suggérait que le concept avait été inventé ou théorisé par les Romains. L’autorité, l’auctoritas (du verbe augere, augmenter d’où vient aussi notre mot auteur) est pour eux ce qui « augmente » l’efficacité d’une loi ou d’un acte juridique. Par exemple, le Sénat avait l’autorité, liée au fait qu’il représentait les ancêtres, les fondateurs de la ville (auctores conditoresque imperii) : cette autorité ne se traduisait pas en pouvoir de contraindre les citoyens à se plier à une décision (par l’usage de la force, par exemple) mais dans l’éminente dignité qui envoeloppait tous ses actes. L’autorité n’agissait pas directement, elle ne commandait pas, mais elle rendait possible, respectable, indiscutable les décisions qu’elle appuyait. Jamais, la puissance (la potestas) ne pouvait s’exercer sans l’auctoritas ou contre elle. Et Arendt de soutenir que nous héritons, à travers le passé de l’Europe médiévale et chrétienne, de cette notion qu’elle voyait remise en cause par les bureaucraties, les démagogies et les totalitarismes.

ADIEU À L’AUTORITÉ ?

Mais il est une autre force qui menace l’autorité, c’est l’individualisme, le refus d’accepter les contraintes, la volonté de n’accepter d’obéir qu’après négociation, ou du moins, après persuasion : donc après administration de la preuve que la décision est rationnelle et sans danger, qu’il en résultera un avantage pour le subordonné, que ses droits sont bien défendus et le contrat social parfaitement respecté.

Difficile donc de définir l’autorité, notion qui se situe quelque part entre reconnaissance de compétence, admiration, respect, prestige des origines, justification philosophique ou religieuse, habitude d’obéir…

Constatons simplement que l’affirmation selon laquelle les enfants doivent se soumettre aux parents, les élèves aux professeurs, les malades aux médecins, les subordonnés aux supérieurs, les justiciables au juge, et cela pour leur propre bien ou pour le Bien commun, cet argument qui avait très bien fonctionné pendant des siècles se heurte à des mentalités très différentes. Dans un livre intitulé justement « La fin de l’autorité », Alain Renaut constate la difficulté qu’il y a désormais à faire reconnaître cette différence qui justifiait auparavant l’autorité. Le principe d’identité et d’égalité nourrit que ce soit à l’école ou dans les rapports entre parents et enfants, dans l’institution judiciaire ou médicale à une exigence incessante d’adhésion et de négociation.

Notre propos n’est pas ici de discuter cette thèse, et moins encore ronchonner que l’autorité fout le camp ou de nous interroger gravement sur la fin des vrais chefs. En attendant peut-être de les discuter dans d’autres articles, nous voudrions souligner un point particulier : la bizarre relation entre le discours anti-autoritaire et la confiance dans les machines à computer et à communiquer.

La technologie serait-elle égalitaire, anti-hiérarchique, voire libertaire ? Loin d’être un instrument neutre qui vaut ce qu’en vaut l’usage, peut-elle, lorsqu’elle devient numérique et en réseaux, induire de tels rapports humains, de tels modes d’organisation, de tels usages de nos facultés que les notions de commandement ou de hiérarchie s’en trouvent abolis ? Plus précisément encore : la révolution des managers chère à Burnham se finira-t-elle faute de managers ? De l’ère des organisateurs à l’ère des ordinateurs ? Ceux-ci tueront-ils ceux-là ? Les élites dont le pouvoir se justifia longtemps par la technicité des choix sont-elles menacés par les choix de la technique ?

Pareille idée aurait sans doute paru absurde, il y a trente ans à peine. Technique égalait machine, égalait Temps Modernes : Charlot subirait toujours chaîne de montage et chaîne de commandement et toujours les directeurs dirigeraient. Que le rendement impliquât discipline et subordination, voire militarisation des masses salariées, cela semblait acquis. Les esprits plus subtils décelaient une tension entre ordre de la nécessité productive et autres domaines de la vie sociale. Raymond Aron décrivait comme autant de dialectiques les rapports entre hiérarchie et égalité, logique de la production et aspirations de la société civile, le tout étant source des « désillusions du progrès. » Le conservateur américain Daniel Bell considérait comme « contradictions du capitalisme » le rapport conflictuel entre trois modernités : la première, culturelle, éprise d’hédonisme ou tournée vers l’expression de soi, la seconde, politique, placée sous le signe de l’égalité et, les deux en opposition inconciliable, une modernité économique régie par le principe d’efficacité.

En dépit de la place croissante de la séduction, motivation, discussion, en un temps où la notion de commandement se dévalorisait, il subsisterait une nette scission entre conception et exécution, ordre et obéissance. Côté marxistes, comme l’avait prédit Lénine, on attendait qu’après la Révolution, la cuisinière pût gérer les affaires d’un État qui dépérirait bientôt. Mais aux portes de l’entreprise, l’idéal égalitaire piétinait et la grande fusion cols bleus / cols blancs, travail intellectuel / travail physique tardait même dans le laboratoire de l’autogestion yougoslave. Pour le présent, rationalité formelle de l’économie, organisation machiniste, tendance bureaucratique, à l’Est comme à l’Ouest, semblaient garantir la pérennité de la pyramide.

ÉCRAN ET COMMANDE

Technophiles et technophobes s’affrontaient pourtant déjà. Les premiers attendaient l’abolition de la séparation entre dirigeants et dirigés (comme entre jeu et travail) comme un bénéfice indirect de l’abondance promise. Les futurologues des années 60 prédisaient que les sociétés à venir disposeraient d’une telle quantité de biens, que leur production serait si aisée et demanderait si peu de temps de travail qu’au total, notre unique souci serait le spleen et l’ennui résultant d’un trop-plein de liberté.

Le commandement à l’ancienne apparaîtrait alors comme une tension inutile, un héritage de l’ère de la pénurie. Les robots nous débarrasseraient des tâches les plus mécaniques ; la recherche, la technologie nous garantirait assez de gains de productivité pour bouleverser l’ordre du travail n’était guère représenté qu’en terme de soulagement. Dans la perspective utopique d’une automation de la production, la technologie restait conçue un ensemble d’outils et procédures agissant sur le monde extérieur. n’intervenant dans le domaine noble de la décision qu’au titre de l’assistance (traitement des facteurs du choix) ou du relais (mise en place des éléments d’exécution d’un dessein, transport efficace de messages).

Progressivement, naît pourtant l’idée que la technique, ou plutôt les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication vont changer les règles. Il émerge un fort courant intellectuel anticipant une société que l’on dira postindustrielle, puis technologique, technétronique, société de l’immatériel, de l’information, en réseaux. L’évolution de la technique elle-même inspire d’autres scénarios où la fin des chefs revient aussi régulièrement que la disparition des frontières. Chacune des principales fonctions de l’ordinateur (traiter, stocker, communiquer) suscite dans un ordre presque chronologique (et non exclusif) ses projections.

L’ordinateur d’abord représenté comme une grosse machine pensante et centrale est présumé capable de se substituer au décideur (certains pensent même à quelque chose comme une machine à gouverner cybernétique) : anticipation juste, calcul juste, décision juste, il est censé tout mieux faire. Dans cette représentation, il “remplace” le décideur. C’est la métaphore du cerveau.

Dans un second temps, partant d’une vision de l’information comme richesse, l’accent est mis sur les données dont la détention (la rétention ?) fonde le pouvoir de l’expert ou du décideur. Du coup, la démocratisation et la transparence sont censés aller de pair avec un contrôle de la décision par la base. « Computer for the people, » proclament les partisans californiens d’une informatique accessible à tous.

Un rapport du Sénat des années 90 sur la Société de communication, (toujours disponible sur le serveur www.senat.fr) pronostiquait qu’il y aurait au moins “fragilisation” des hiérarchies car « La généralisation des nouvelles techniques porte indiscutablement atteinte à l’organisation hiérarchique de l’entreprise et de l’administration. On sait le lien qui existe traditionnellement entre la détention du pouvoir et celle de l’information. Or l’utilisation croissante par les entreprises des techniques de l’Internet, …imposent l’adoption de modèles d’organisation caractérisés par la flexibilité et la décentralisation.  » Le registre est ici celui du “partage” (le manager se trouvant dépossédé d’une ressource autrefois rare) et la métaphore de la bibliothèque ouverte fonctionne à plein.

Mais voici que se répand une troisième représentation, basée, elle, sur la métaphore du court-circuit. La capacité de faire lien propre aux réseaux est créditée d’un pouvoir étonnant : la submersion du réel sous le virtuel doit se faire subversion. Les repères anciens du travail, temps, lieux, matérialité des opérations productrices deviennent obsolètes et, partant, la structure traditionnelle de commandement des hommes, la conception de la stratégie, l’assignation de tâches d’en haut à chaque exécutant etc.. apparaissent comme vieilleries. Ici la dévalorisation du chef s’inscrit dans la perspective d’une mutation qualitative : le pouvoir désormais fondé sur la connaissance (le powershift cher à Alvin Toffler) circulant en réseau et non verticalement.

Le discours moderne sur les communautés virtuelles ou les foules intelligentes, sur la capacité de la société civile à s’auto organiser sur Internet, sur l’éloge du blog citoyen ou de la démocratie participative via Internet, sur l’intelligence collective en ligne et la e-démocratie ne font que ressasser ce discours qui a maintenant quelques décennies.

VIRTUALITÉ ET POUVOIR

L’hypothèse radicale fait de la fin des chefs le symptôme d’une révolution des modes de production, gouvernement et pensée, voire d’un véritable changement de civilisation comparable à la révolution néolithique. Par une sorte de ruse de l’histoire, la société future représenterait presque point par point l’antithèse de l’ancien monde industriel dont elle est pourtant issue. L’idée se décline en de multiples oppositions : savoir contre matière, bits contre atomes, virtuel contre tangible, souple contre rigide, inventivité contre répétition, travail créatif contre taylorisme, décentralisation contre centralisme, information contre production, savoir contre énergie, téléprésence contre transport, réseaux contre lieu de travail, temps choisi contre temps contraint, maillage contre pyramide, changement contre bureaucratie, commutation contre commandement, responsabilité contre autorité, communication contre hiérarchie, etc…

Chaque fois le premier terme est censé décrire un monde émergent, le monde du post (post moderne, postindustriel..), dont l’avènement s’inscrit dans une logique historique. Cette représentation empreinte d’un déterminisme technologique naîf prête un caractère catalytique spécifique aux TIC.

Que tout changement technologique se traduise par un transfert de pouvoir et de mentalités est évident : la première conséquence d’un changement du rapport hommes/choses porte sur les rapports hommes/hommes. Ne serait-ce qu’en changeant la valeur de ce que les uns possèdent et non les autres ou de ce qu’ils savent faire. L’organisation elle-même est une technique, la plus ancienne de toutes peut-être, depuis que les hommes ont inventé ce que Lewis Mumford nomme la “machine invisible”, la méga-machine à rassembler et spécialiser les hommes au travail. En ce sens, les TIC ne peuvent pas ne changer les lignes de partage. Reste à savoir en quoi.

Les TIC, si elles sont bien des technologies, des outils supposés faire des choses jusque là impossibles, agissent sur la nature intérieure (la perception humaine) plus que sur la nature extérieure. Ce sont avant tout des médias, des instruments par lesquels un cerveau tente d’agir directement sur les représentations d’un cerveau (fut-ce le sien propre), des artefacts destinés à produire des événements intangibles (de la croyance, de la connaissance…). Leur caractéristique n’est pas « seulement », en tant que machines à faire ou à communiquer, d’accroître des capacités humaines ; il est de redéfinir les trois dimensions de la médiation : temps, espace et réalité de l’échange.

En ce domaine, les TIC déroutent nos perceptions usuelles : par l’accessibilité immédiate, la conservation et la transformation constante des données elles semblent échapper à notre notion acquise du temps ; de même, se jouant des frontières et des distances pour mettre le monde entier sur notre écran, elles paraissent abolir l’espace. Surtout la nature ambiguë de ce qui circule sur les réseaux remet en cause des séparations : derrière les bits électroniques se dissimulent des images, des sons, des symboles, mais aussi de la valeur d’échange, de l’argent, du savoir, des ordres ou opérations à distance, formant des créations dont on ne connaît plus trop l’auteur, tant et si bien que nous ne savons plus ou passe la frontière entre faire et représenter, choses, événements et signes. De là la difficulté de penser la réorganisation des temporalités, territoires et contenus et la tentation du radicalisme messianique (le règne des choses).

Voir l’image qui naît de l’entreprise virtuelle, à la fois mondialisée et décentralisée, éclatée par la multiplication du télétravail ou des communautés de travail provisoires orientées vers un projet, travaillant en réseaux, sans horaires fixes, reliant des groupes de créatifs en perpétuelle ébullition, échangeant des données instantanées entre hommes terminaux et vivant finalement la vitesse de rotation de son capital intellectuel. Cela ressemble assez peu à la vision traditionnelle d’une entreprise où certains en des lieux et des moments appropriés se collettent à la matière, répétant les gestes appris, tandis que les autres les dirigent et conçoivent..

Dans une entreprise virtuelle immatérielle ou flexible qui aurait “ubiquité”, “omniprésence” et “omniscience” (accessible de partout, en tout temps, et accédant à toutes les données) pour reprendre une description de Denis Ettighoffer , on comprend mal en effet quelle part sinon purement conceptuelle tiendrait un management s’il perdait tout à la fois son domaine propre (sa position topologique en haut ou au centre autant que le théâtre des opérations), son temps propre (celui de l’acquisition lente mais durable des compétences, de la prévision stratégique et de l’innovation par contraste avec le temps fixe et répétitif de l’exécutant) et enfin la spécificité de son travail (invention, décision, novation, coordination..) puisque toute tâche en comporterait une part.

DU COMMANDEMENT AU CONTRÔLE

Il y aurait bien des objections de fait à cette idée d’une virtualisation de l’entreprise, et en particulier de l’idée naïve que le télétravail se substituera au contact direct. Il y aurait également fort à dire sur l’ arrière-plan utopique pour ne pas dire idéologique de ces représentations. Même en admettant leur vraisemblance, on peut au moins s’interroger sur la nature du changement que va subir l’autorité. Que toute innovation technologique entraîne une autre répartition du pouvoir, cela personne ne le conteste. Que certains gagnent et d’autres perdent, surtout s’ils ne s’adaptent pas, c’est encore une évidence, à condition de ne pas tomber dans le darwinisme naïf (disparition des dinosaures, triomphe des mutants).

Or le pouvoir n’est pas quelque chose que l’on a ou que l’on n’a pas mais ce terme recouvre une multitude de composantes. On pourrait plus précisément le définir comme une trilogie : fonctions, satisfactions, relations d’où résultent tâches accomplies, ressources saisies et rapports établis.

Le pouvoir sert à faire et en tant que tel, il représente une probabilité d’obtenir le résultat souhaité notamment par obéissance des subordonnés. Tel qui remplit telle fonction a le droit de prendre telle décision dans tel domaine.

Rien ne s’oppose au moins théoriquement, à ce que de telles fonctions soient plus ou moins divisées ou partagées, remplies contractuellement, au coup par coup, etc.. et si on en reste à une version purement fonctionnelle, la thèse d’un partage des compétences n’a rien d’aberrant (encore qu’elle fasse bon marché d’une partie de la population privée des savoirs ou pratiques requérant l’accès aux TIC). De façon plus brutale, un certain écrasement des hiérarchies au détriment des catégories intermédiaires, est même assez prévisible.

Le pouvoir sert aussi à s’approprier des ressources et partant à obtenir certaines satisfactions, qu’il s’agisse d’argent ou de prestige, et en ce domaine, personne ne prétend que les TIC puissent aboutir à une répartition égale. Certains économistes envisagent ainsi que la position des individus soit de plus en plus déterminée par leur participation des relations de forte intensité de savoir et d’apprentissage. Bref, il s’agirait davantage d’être en meilleure immersion dans le flux des communications qu’à plus haute altitude dans la pyramide du pouvoir.

Ironiquement, cette définition du pouvoir, rappelle la « structure d’attention », catégorie employée par certains éthologues pour décrire l’organisation des sociétés de primates où le leadership se manifeste par la capacité de capter le regard des autres membres du groupe plutôt qu’à travers une brutale relation domination/soumission. À supposer même que le savoir faisant pouvoir ne soit pas du domaine du tacite mais du formalisable et du transmissible, rien ne vient plaider pour une égalité véritable, bien au contraire.

Mais l’objection la plus sérieuse à la réalisation de l’utopie du gouvernement des choses, devenu le gouvernement des TIC, est surtout que la relation d’autorité fait lien : elle se révèle à la fois par des résistances intérieures ou extérieures au groupe, et en unissant cristallisant toutes sortes d’affects et de représentations collectives grâces auxquelles un Nous se reconnaît comme tel. Un jeu invisible de la croyance qui accrédite et de la représentativité qui crédibilise constitue toute communauté. Pareil constat n’est pas un argument en faveur du caporalisme ou de l’autoritarisme : cette impalpable auctoritas derrière la potestas formelle, juridique, reposer sur la puissance de quelques uns ou sur la soumission spontanée aux normes et objectifs du groupe.

Par ailleurs, les technologies numériques ont crée bien d’autres niches discrètes de pouvoir (comme ce que nous avons désigné dans d’autres articles comme le pouvoir d’indexer et le pouvoir de diriger l’attention).

Faute d’en tenir compte, l’utopie des machines non hiérarchiques risque d’être aussi vite démentie que le vieux rêve d’un rapprochement pacifique des hommes par les moyens de transport ou les machines à communiquer.

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