Stratégies de l’information

Qui dit stratégie dit agir dans des conditions adverses et en fonction de facteurs dont on ne possède pas la maîtrise. La notion même de stratégie, art de limiter autant que possible le hasard, implique que dans la vie réelle (et non dans un jeu où le nombre de coups et les situations possibles sont limités par des matrices), aucune méthode ne fonctionne à cent pour cent. Elle opère sur des gens (c’est une pragmatique, pas une technique qui manie des choses). Elle rencontre des obstacles, généralement la stratégie adverse et un pouvoir lui est opposé : au minimum la résistance potentielle de celui sur qui elle s’exerce. Donc pas de recette imparable.

Vaincre par les signes

Il est possible d’utiliser l’information pour vaincre

– Soit en réduisant sa propre incertitude (ce qui correspond à une définition classique de l’information), grâce à des renseignements ou des connaissances qui favorisent les bons choix. Corollairement, il est utile d’accroître l’incertitude de l’adversaire ou du concurrent. Le tout est de savoir et d’empêcher de savoir afin de réaliser de meilleures performances. La supériorité consiste ici en un différentiel de connaissance : A sait fabriquer telle arme, pas B, A sait qu’il y aura demain tel mouvement en bourse, pas B. Il s’agit de réduire à son profit le brouillard et la friction inhérents à tout conflit.

– Soit par des messages ou signaux qui produisent un effet sur la cible : inciter, faire peur, séduire, convaincre…, et suscitent une réaction favorable à ses desseins. La sémiologie parle de la fonction « conative » du message : elle est centrée sur l’effet produit sur le récepteur. Ce principe est celui de la publicité, de la propagande, y compris sous la forme la plus simple : faire adhérer ou faire rejeter. Ce peut être celui de la déception au sens militaire : tromper l’autre sur ses intentions, ses forces, sa localisation pour le pousser à la faute.

– Soit en agissant sur la façon de traiter l’information, et ce qui la structure. Ce peut être un système de transmission, un logiciel, un code. Mais il est possible de s’appuyer sur les catégories mentales, sur l’idéologie, les procédures et méthodes, la langue, les modes de raisonnement. Influencer, former, voire formater sont les procédés les plus courants en ce domaine. Faire adopter son vocabulaire, son code de déontologie ou ses habitudes de consommation… Le secret est d’agir sur les réactions d’autrui, mais en amont, quitte à modifier le code employé ou la prédisposition d’un acteur.

Pour faire formule, nous avions dit que la première stratégie d’information pèse sur les choses par le savoir, la seconde sur les gens par conviction ou incitation et la troisième sur l’information elle-même en modifiant le sens qu’elle prendra pour les acteurs.

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