Le nom de la guerre

Gwot ou GSAVE ? Traduction : Guerre Globale à la Terreur (Global War on Terror) ou Combat global contre l’extrémisme violent (Global Struggle Against Violent Extremism). Un article du New York Times du 26 Juillet annonçait qu’après avis des conseillers pour la sécurité nationale, l’actuelle administration allait renoncer à parle de « Guerre au terrorisme » pour adopter cette nouvelle phraséologie. Peu après, alors que la think tank républicaine Heritage s’interrogeait gravement sur l’opportunité de parler de Struggle Agaisnt Global Extremism, D. Rumsfeld lui-même employait l’expression Struggle against ennemies of freedom and civilization. Extrémisme global ou violent, voire ennemis de la liberté et de la civilisation ? Le vocable n’était pas encore bien fixé, mais l’idée générale claire : ne dire ni guerre ni terrorisme.

Les arguments :

– Guerre évoque des armées. Or, d’une part les U.S.A ne combattent pas des hommes en uniforme (ou du moins pas principalement puisque l’objectif est al Quaïda et sa mouvance). D’autre part l’effort américain n’est pas seulement militaire et inclut aussi la politique de sécurité nationale, la diplomatie, la communication…

– Parler de guerre, c’est négliger l’aspect idéologique du combat. Bien en accord avec Tony Blair, qui, depuis les attentats de Londres ne parle plus que de « combat contre le fanatisme » ou « contre l’idéologie du mal », il faudrait donc insister sur le fait que les ennemis sont d’abord ceux des valeurs démocratiques.

– La nouvelle terminologie a l’avantage de répondre à une critique récurrente de la GWOT : le terrorisme est une tactique, pas un être. Il est vrai que dans un discours récent, G.W. Bush avait précisé que par terrorisme, il fallait entendre non la chose, mais les gens qui la pratiquent.

– Struggle, combat, a quelque chose de plus général que « guerre » et n’évoque pas nécessairement l’idée d’un traité ou d’une paix. Employer ce terme aurait habitué les Américains à l’idée que le combat risquait de durer longtemps.

Et puis, patatras. Voici que dans deux discours récents, G.W. Bush a employé le mot « guerre ». Certes, il n’a pas été jusqu’à satisfaire son aile droite qui voudrait que l’on dise « guerre à l’islamisme » pour bien désigner l’ennemi (toujours dans la logique de 4° guerre mondiale).

Il a même précisé : « ne faites pas d’erreur : nous sommes bien en guerre contre des gens qui professent une idéologie et qui emploient la terreur comme moyen de parvenir à leurs fins. »

En guerre ils sont, en guerre ils demeureront. Autre façon de dire que puisqu’il faut recourir à la violence suprême, l’idée de terreur (ou l’idée des terroristes) reste le facteur ultime qui ordonnera et polarisera l’action de le plus grande puissance de l’Histoire.

Voir aussi

En lien avec cet article