Londres bis : terreur et déjà vu

Vers le « jihad des copains » ?

Les nouveaux attentats de Londres reproduisent en mode mineur de ceux du 7 Juillet. : trois bombes contre le métro, une contre un bus, mais des explosifs qui ne tuent personne et des terroristes, qui, loin de jouer les kamikazes, manquent de se faire prendre en s’enfuyant.

Ces attaques à moitié ratées suggèrent deux hypothèses.

Soit les survivants de l’équipe du 7 Juillet, mais dans ce cas pas les plus doués, expérimentent, une nouvelle méthode : celle du « bis ». Il s’agirait alors de renforcer l’effet supposé de panique que provoque un attentat réussi par une «piqûre de rappel », un second copié sur le premier. Le but serait de démontrer que l’on peut frapper « où on veut, quand on veut », malgré toutes les assurances des autorités. Si c’est le cas, l’effet est modéré et la population londonienne, après le premier moment d’émotion, a retrouvé son calme très vite.

Seconde hypothèse : ce n’est pas la même équipe. Il pourrait alors s’agir d’une série d’attentats improvisée en quinze jours par un groupe qui en serait à sa première expérience, mais qui serait saisi par une sorte de fureur mimétique : suivre l’exemple des jihadistes du 7 Juillet.

La police anglaise faisant bien son travail, nous aurons sans doute dans les prochaines heures des éléments pour trancher entre les deux théories, d’autant que les terroristes maladroits ont laissé force indices dont des empreintes digitales.

La seconde n’est pas la plus réjouissante. Elle signifierait que des groupes d’islamistes, qui peuvent être de nationalité anglaise, nullement repérés comme jihadistes, pas forcément liés à de vrais réseaux internationaux, n’ayant été s’entraîner ni en Afghanistan, ni en Tchétchénie, ni en Irak, peuvent décider un jour de faire comme les « vrais » mouhadjidines.

On connaissait déjà le phénomène du « jihad individuel » : un isolé s’échauffe littéralement en voyant les « exploits » attribués à al Quaïda, cherche à se mettre en contact avec des jihadistes plus avertis et passe à l’acte dès que possible. Ce fut, par exemple, le cas de « shoebomber », l’homme qui voulait faire sauter sa chaussure piégée dans un avion en plein vol.

Le « jihad des copains » (buddy jihad) serait la même chose à l’échelle de groupes soudés : jeunes musulmans du même quartier ou de la même bande de potes. Si tel était le cas, l’image des métastases terroristes serait parfaitement justifiée. Loin d’être le fait d’une organisation unique ayant une stratégie unique et lisible, le jihadisme proliférerait, surtout depuis qu’il n’a plus de bases en Afghanistan, sous forme de groupes plus ou moins intégrés et coordonnés et prenant des initiatives plus ou moins spontanées.

On se souvient du slogan cubain « Un, deux, trois, cent Vietnam ». Demains cent jihads ?

Une note d’alerte de Sentinel

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