Histoire des secrets : De la guerre du feu à l’Internet

Co-écrit avec Edith Huyghe

Dans la société dite de l’information, nombre de secrets, ceux des brevets, des logiciels, des inventions, ceux que traquent l’intelligence économique et l’espionnage industriel ont acquis une valeur immense. Le secret devient une revendication des simples citoyens, soucieux de défendre leur sphère privée, inquiets des systèmes de surveillance et de fichage qui se développent, souci quelque peu contradictoire avec une exigence croissante de protection des mêmes citoyens. Quant à l’État il n’a plus seulement à dissimuler quelques traités compromettants, quelques armes de pointe ou quelques vilenies de ses espions ou de ses sbires : ce sont des millions de documents que tout État démocratique doit garder secrets pour des raisons stratégiques, économiques, techniques ou de libertés publiques. Le tout sur fond de technologies de la communication qui permettent la pénétration clandestine voire la falsification de millions de données, communications, connections, archives…

Raison de plus pour vouloir comprendre ce que fut l’histoire des secrets. Elle est l’envers de l’histoire des inventions, la rançon oubliée de l’histoire des progrès de la communication et des connaissances. Les matières et les objets les plus familiers et les plus anciens, papier, soie, miroir, porcelaine, etc. furent, parfois pendant des siècles, porteurs de mystères, celui de leur origine, de leur fabrication, de leur utilisation. Il s’ensuit des aventures étonnantes : explorations, guerres, vols, espionnage. Et des révolutions : quand Byzance a su cultiver le ver à soie, les Portugais dessiner la forme du Cap de Bonne Espérance ou Gutenberg imprimer des caractères mobiles sur une feuille de papier, l’histoire a changé.

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