Les experts ou l’art de se tromper

Editeur : Plon

Tous les prospectivistes savent que lorsque l’on formule une prévision, la seule certitude que l’on ait, c’est qu’elle ne se réalisera pas, soit parce que le prévisionniste s’est trompé, soit parce que l’événement prévu aurait été nocif et qu’on a su l’empêcher. D’excellents ouvrages ont traité ce thème. Rappelons l’Histoire des futurs, de Bernard Cazes, ou Crise de la prévision. Essor de la prospective, de Michel Godet. F-B Huyghe rouvre le dossier, pour épingler avec virulence tous les « experts » de la prévision. Il balaie large, et le lecteur reste parfois perplexe, se demandant si Jules Verne, E. F. Schumacher, A. Töffler, Bill Gates et J-J Servan-Schreiber jouent vraiment dans la même cour ! Le livre s’ouvre par une question à propos du mot de Voltaire, selon lequel « les devins de profession se trompent bien davantage que les gens ordinaires » (p.11). Il se termine par une réponse : si les devins se trompent plus que la moyenne…, c’est parce qu’ils sont devins et malins, et qu’ils savent proférer les erreurs que ceux qui les interrogent et ceux qui les écoutent attendent d’eux.

Entre la question et la réponse, d’innombrables échantillons d’erreurs en tous genres, classées par grandes catégories : les prévisions d’apocalypse, les utopies, les « technoptimismes « , produits par les spécialistes les plus sérieux de la technostructure : prospectivistes, grands Instituts, Commissariat au Plan… Puis, dans un autre genre, les prévisions jugées délirantes des passionnés des nouvelles technologies, et pour finir les écologistes, auxquels l’auteur ne fait grâce d’aucune des catastrophes qu’ils ont pu annoncer durant les vingt années qui séparent le rapport du Club de Rome et la croissance zéro de la conférence de Rio et du  » développement durable

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