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Intelligence économique et KM I ESIEE


Mode d'emploi : ce guide accompagne le cours de François-Bernard Huyghe

Vous le trouverez ci-dessous en version PDF à télécharger.

En fait, il s'agit d'un résumé du cours, truffé de liens hypertextes renvoyant à des pages sur le site de l'auteur.

Bien entendu, personne ne pense que vous allez lire absolument tous documents auxquels il est fait renvoi : ce serait très long et passablement répétitif (il y a forcément des textes redondants). Simplement, au gré de vos curiosités, vous pouvez approfondir tel ou tel point. Il s'agit d'aides et de suggestions pour construire votre propre méthode de documentation et de veille.

Si certains termes vous semblent obscurs, vous pouvez vous référer à un glossaire qui contient des termes plus techniques.

Vous pouvez également consulter certains livres, comme "Comprendre le pouvoir stratégique des médias", aller télécharger des brochures voire même des livres numériques.

Et, bien sûr, il y a une bibliographie sur le site.

Comme vous le voyez il y d'autres façons de suivre ce cours que de prendre des notes dans un amphithéâtre : à vous de prendre celle qui vous convient.

Après la partie

INTELLIGENCE STRATÉGIQUE ET VEILLE









L’intelligence économique ne sert pas seulement à acquérir des
connaissances utiles à la décision (c’est le rôle de la veille et de
l’intelligence au sens anglo-saxon), ni à protéger des informations
précieuses (la sécurité de son patrimoine informationnel, c’est-à-dire
la façon de garder ses secrets). Cette jeune discipline comporte aussi
un troisième domaine: l’influence. C’est la capacité de pousser
d’autres acteurs à adopter des comportements ou des convictions
favorables à desseins, sans recourir à la force, sans promettre de
contrepartie et sans exercer d’autorité. L’art de savoir et celui
d’empêcher le concurrent de savoir appellent donc un complément
difficile à résumer en recettes simples : la manière de faire croire,
de faire décider et de faire penser d’une certaine façon.

IE : évolution de la notion

L' influence est une stratégie indirecte et asymétrique multiforme, recouvrant une large gamme d'actions dans le domaine des idées, des images, des intérêts, des valeurs.., e. La notion s'oppose à celle de puissance en politique internationale, et à celle d'autorité en politique interne et dans les rapports sociaux. Mais c'est aussi une des trois grandes composantes de l'intelligence économique : une façon d'agir par des signes




• Les techniques de l’influence : réseaux, prestige, persuasion…

Quelques méthodes d’influence :

  • - Modèle : toute stratégie d’image de soi, de prestige ou de réputation qui peut provoquer l’admiration, ou l’imitation d’un modèle.
  • - Persuasion : l’utilisation de discours (ou d’images) pour amener un public à adhérer à une thèse, qu’elle soit relative à une affirmation de fait (il s’est produit tel événement) ou une croyance plus générale (une idéologie en « isme », par exemple).
  • - Inspiration : émission d’un discours ou d’une idée reprise par ses récepteurs, réinterprétée, parfois même mise en œuvre et, dans tous les cas, promue à son tour.
  • - Formatage : créer des catégories mentales, des codes, éventuellement imposer un vocabulaire. Comme le précédent, c’est un stade complémentaire de la persuasion au sens binaire (je crois / je ne crois pas)
  • - Agenda : décider de ce qui fera débat, de ce qui est important, mettre sous le projecteur tel évènement ou telle thèse et non telle autre .
  • - Maillage : fonctionner en réseaux, établir des liens, trouver des alliés, créer des synergies pour faire circuler l’information voire des programmes d’action, non pas de haut en bas, mais par alliance d’acteurs ou émetteurs mobilisés pour un même objectif.


La capacité d’émettre des images séduisantes, de diffuser des messages persuasifs et d’organiser la synergie, éventuellement la faculté d’agir sur les normes et les critères du choix d’autrui sont des formes de l’influence Les groupes voués à l’exercice indirect d’un pouvoir (lobbies, ONG, think tanks, groupes représentant « la société civile »), par l’expertise ou à travers les normes éthiques ou autres) l’illustrent chaque jour.

Le très vaste champ de l’influence englobe donc aussi bien des politiques générales d’image menées par des pays ou des activités de lobbying légales (et bien acceptées dans certains pays) que des manœuvres bien plus obscures et agressives de déstabilisation informationnelle d’une entreprise.



Acteurs publics, acteurs privés

Sous des dénominations comme prestige, diplomatie publique, soft power, ou à travers une action sur les normes internationales, l'État mène de plus en plus une politique d'influence.L’action politique, étatique, diplomatique peut contribuer à la prospérité économique d’une nation en aidant ses entreprises à conquérir un marché, en faisant la promotion d’un modèle économique international ou de normes qui correspondent à celles de ses grandes sociétés, en pesant dans la régulation du commerce, en décourageant les concurrents. Les entreprises sont de plus en plus jugées en fonction de critères extra-économiques. Leur action doit se plier à un pouvoir de régulation, à des normes édictées par des organisations internationales (cela explique le rôle du lobbying et de la défense d’intérêts nationaux là où s’élabore cette norme, comme à la Commission européenne). Mais l’entreprise est aussi sous la surveillance d’ONG qui la critiquent, l’évaluent ou la notent ; elle se sent à la merci du risque d’opinion, soumise à des demandes de sécurité, de moralité dans ses pratiques, à une exigence de respect de l’environnement aussi bien que de valeurs sociales, éthiques, culturelles.

ONG, lobbies, think tanks, etc dans une société d’influence

Autour de la notion de société civile on retrouve de nouveaux types d'organisations vouées à l'exercice d'une certaine influence sur les décideurs et l'opinion, éventuellement à travers les médias : les ONG s'exprimant au nom d'une cause, se réclamant de valeurs et d'une certaine expertise et intervenant sur le terrain, les lobbies qui défendent des intérêts parfois par pression ou corruption, mais souvent aussi argumentant et fournissant une information bien orientée aux décideurs, et enfin les think tanks, surtout actifs dans le monde anglo-saxon, producteurs d'idées et avocats de solutions politiques.

Entreprises et parties prenantes

La définition même de l'activité économique change : il ne s'agit plus de maximiser des gains en se contentant de respecter la loi. L'entreprise est confrontée à une pluralité d'acteurs (politiques, médias, ONG, associations, consommateurs), parlant souvent au nom du Bien Commun, ou du moins de valeurs extra-économiques. entre lesquels elle doit établir un équilibre. Le tout est souvent le plus souvent par l'arme de la communciation.

• Le rôle des médias

Toute organisation ou entreprise vit désormais sous la surveillance des médias, qu’ils soient «classiques», écrits ou audiovisuels comme d’Internet : forums, blogs, journalisme « citoyen », Web 2.0

• L’influence à l’ère du Web 2 .0

Sur le Web 2.0, l’influence (mesurable à la capacité de faire réagir autrui dans un certain sens) a de moins en moins une source unique facile à identifier et obéit moins encore à un schéma linéaire. Il semblerait plutôt qu’Internet devienne un magma où soudain se dessinent des formes : il naît une structure d’attention sur certains points, structure qui, elle même, reflète une bizarre cartographie de la confiance.










Voir aussi le glossaire : les mots de l'intelligence stratégique, de l'influence et de la crise

 Anthologie téléchargeable de textes sur l'influence