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Médias, pouvoirs et stratégies EGE DEA
La problématique




Que les mass media puis les Technologies de l’Information et de la Communication, symbolisées par Internet, aient déterminé nos façons de vivre, de produire, de faire de la politique, de penser…, cette évidence s’est imposée en quelques décennies. Les slogans des années 60 - «le medium, c’est le message» ou «village global» - sont devenus des lieux communs. Même l’idée d’une «révolution de l’information» est devenue triviale.
Aux interrogations qui portaient sur ce que le système politique et le marché font des médias, longtemps envisagés comme simples moyens de convaincre et de séduire, s’ajoutent d’autres questions.
En quoi les médias bouleversent-ils politique et économie : que deviennent autorité, représentativité et souveraineté dans un monde qui vit au rythme de ce que les écrans rendent visible et crédible ? Que se passe-t-il quand l’économie devient économie de l’attention et de l’émotion ? Quand la politique, la guerre ou l’humanitaire se font spectacle ? Qui contrôle quoi ? Que peut-on savoir à l’ère des réseaux et des écrans omniprésents ?

Que recouvre, au final, cette notion d’une «société de l’information» qui serait ainsi façonnée par l’évolution de ses moyens de communication ? La réponse part de deux points de vue.

1) Le « pouvoir » des médias n’est pas, ou pas seulement, la faculté dont disposeraient certains –maîtres ou manipulateurs desdits médias – d’imposer leur volonté aux foules ébahies. Tout serait trop simple si tout était affaire de bonne volonté ou de bon contenu des médias. Leur action est multiforme,et, à certains égards imprévisible. Ils changent notre perception du temps et de l’espace, nos relations avec le savoir et le pouvoir.

Des contraintes propres à chaque média décident notamment de son contenu et de son usage, de ce qui est dicible, visible, crédible, important, efficace. On ne mobilise pas les foules à l’époque du cinéma muet comme à celle de la télévision satellitaire. On ne gère ni la politique, ni l’entreprise de la même manière suivant que les nouvelles vont au rythme du papier imprimé ou de l’électron.

En quoi consiste ce pouvoir des médias ? Pouvoir de convaincre ? D’occulter la réalité sous des images qui hypnotisent ? De sélectionner le visible au sein de cette réalité, donc de diriger l’attention de tous ? Serait-ce une faculté plus générale de transformer les attitudes et catégories mentales au point que le média prédominant produisent presque leur propre type humain ? Chacune de ces thèses a été débattue depuis l’ancienne sociologie des médias jusqu’à la jeune médiologie.


2) Qui dit pouvoir dit stratégie. Là non plus, le terrain n’est pas vierge. L’ingéniosité humaine s’est attachée depuis vingt-cinq siècles à perfectionner les arts de vaincre en utilisant des signes au lieu de forces. Les stratagèmes de Sun Zi (IV° siècle avant J.C.) inspirent encore des chefs d’entreprise asiatiques. Les spécialistes du marketing politique enseignent aux participants aux débats télévisés les recettes d’une rhétorique qui remonte à la Grèce antique. Au XX° siècle les techniques de propagande, désinformation, « guerre de l’information » et autres « influences stratégiques » ont été expérimentées à grande échelle par des États, scientifiquement étudiés, rentabilisées.
Si les hommes ont pensé très tôt qu’ils avaient intérêt à savoir avant l’adversaire ou le concurrent, à l’empêcher de savoir, à tromper et à influencer…, les enjeux de la maîtrise l’illusion, de l’attention et du savoir ne sont évidemment plus les mêmes dans une société qui se veut « de l’information ». Des grandes manœuvres stratégiques à la vie quotidienne de l’entreprise, depuis les enjeux politiques jusqu’à ceux, à la fois économiques et culturels, des technologies de l’information, les règles du jeu se renouvellent. Par leur impact, par leur vitesse de mise en œuvre, par la complexité des instruments, médias et réseaux, elles donnent une autre dimension à l’art de vaincre en maniant des signes et des connaissances. Il nous faut désormais apprendre ce que sont la Révolution des Affaires Militaires et les cybermenaces, la guerre de l’information, y compris économique, et l’activisme numérique, l’influence et les communautés virtuelles pour comprendre la réalité.

Stratégies directes d’affirmation – dont la propagande est l’exemple parfait - ou stratégies indirectes d’influence – allant du simple lobbying à la guerre idéologique, ou de l’intelligence économique à la géostratégie – prolifèrent et interfèrent. Des contre-statégies de perturbation, dont la plus spectaculaire est le terrorisme (également nommé propagande par le fait), s’adaptent elles aussi à la révolution numérique.

Le programme qui vient d’être tracé - comprendre les effets croisés des médias, repérer les stratégies en œuvre – invite à une application concrète. Qu’il s’agisse d’apprendre à décrypter les messages médiatiques ou d’évaluer les méthodes d’influence, la maîtrise des bonnes grilles d’analyse doit nous préserver de quelques naïvetés et de quelques mythologies. Une culture réaliste et critique des médias suppose la capacité de devenir émetteur et stratège à son tour.


Plan du cycle


I Quel pouvoir pour quels médias ?

L’histoire des idées relatives aux médias s’inscrit dans le contexte des conflits culturels, idéologiques ou politiques des différentes époques. En quoi consiste leur pouvoir : nous dire que penser, nous empêcher de penser, nous dire à quoi penser, comment penser ? Et quelles en sont les limites ?


• Persuasion : les pouvoirs des messages
• Fascination : la séduction des spectacles
• Sélection : interpréter le réel et diriger l’attention
• Transformation : la logique des technologies

II Stratégies directes

Propager une idée et une passion par la force du verbe,en utilisant des symboles efficaces, mais aussi par la puissance de l’organisation : ce projet n’est pas nouveau. Mais les techniques de communication en bouleversent l’application et l’efficacité suivant les époques.


• Rhétorique et prosélytisme : entre logique et émotion
• Le siècle de la propagande : les industries de l’enthousiasme
• Les ressorts de la persuasion : l’art de vaincre par des signes
• Simuler, stimuler : de nouvelles stratégies globales de l’opinion


III Stratégies indirectes

Positives ou négatives, les stratégies n’opposent pas une argumentation ou une image "forte" à un autre Dans une stratégie indirecte, l’efficacité dépend de l’adaptation, de la synergie, du bon emploi des vecteurs et intermédiaires, médias et médiations. La notion se vérifie aussi bien dans la vie quotidienne qu’en géostatégie ou en intelligence économique.

• Définir les stratégies indirectes
• Déstabilisation et désinformation : de la guerre froide à la Toile
• Influence : le relais de la puissance
• Méthodes de l’influence, réseaux, lobbying, formatage des esprits….


Mise en application


Peut-on fournir au spectateur ou à l’internaute les moyens de construire ses propres défenses, et de trouver un bon usage des messages ? Imaginer une méthode de survie dans la jungle des bits et des images. ? Maîtriser le flux des informations ? Les exercices pratiques constitueront les bases d’une «médialphabétisation» et d’une alphabétisation numérique - équivalent aux media-litteracy et e-litteracy chers aux organisations internationales. (voir le document « Pour une culture des médias »)

Les exercice seront basés sur l’analyse à chaud d’un événement d’actualité afin

- de décrypter le traitement de la même crise informationnelle à travers télévision, presse et Internet, et d’évaluer les stratégies en action

- d’imaginer et simuler la réaction d’un des acteurs, occasion pour les participants d’évaluer leurs propres capacités d’organisation, d’argumentation, d’expression, d’adaptation à chaque média

Voir guerre de l'information
Voir médias, pouvoirs et stratégies

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