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Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie > Pouvoirs et information
Dix ans de guerre de l'information en Afghanistan
Observatoire géostratégique de l'information

Le dixième anniversaire du onze septembre a donné lieu -et c'est naturel- a multiples commémorations et à des considérations sur la blessure subie par l'Amérique,l'humiliation de l'hyperpuissance, la fin des illusions d'une mondialisation heureuse... Mais avec le recul, il se pourrait bien que la date la plus importante soit le 7 octobre 2001, jour où les Occidentaux sont entrés en guerre en Afghanistan. 
À l'époque, tout semblait simple. Cette guerre opposait la plus puissante coalition des Nations démocratiques de tous les temps aux terroristes les plus dangereux et à leurs protecteurs. Vieille règle: un acte terroriste change l'Histoire moins en tuant un puissant (et a fortiori 3.000 anonymes) qu'en provoquant la réaction de ses adversaires, comme une répression maladroite ou une aventure militaire.
 Lorsque les bombardiers ont décollé vers Kaboul, tout semblait simple. Il fallait
a) arrêter ou éliminer un maximum de criminels (et si possible prendre ben Laden), détruire les érige d'où ils préparaient leurs actions.
b) Envoyer un message fort aux Terroristes, aux États terroristes et aux détenteurs d'armes de Terreur (et du reste ne faisait-on pas la guerre "à la terreur", certes disaient même "quatrième guerre mondiale", après la Guerre Froide) ?
C) Soutenir du ciel l'Alliance du Nord, qui, même privée de son chef Massoud, se préparait à renverser un régime haïssable. 
Seule une poignée de ronchons ratiocinait que l'Empire britannique puis soviétique avaient échoué en Afghanistan et qu'il n'était pas certain que l'Empire du Bien ferait beaucoup mieux.
Depuis, une guerre qui a duré plus longtemps que celle du Vietnam a donné les résultats que l'on sait. Et ses finalités (partir dans la dignité, négocier avec les talibans modérés, établir un pouvoir légitime à Kaboul, en finir avec "l'extrémisme violent", permettre aux jeunes afghanes d'aller à l'école..) sont moins claires.
Ce n'est pas de l'aspect militaire que nous traitons ici, mais d'une guerre que l'on nomme suivant le cas de l'image, de l'information, ou "pour les cœurs et les esprits". Elle nous semble être surtout la guerre du faire-croire (à commencer par cette première croyance que le guerrier doit infliger à son adversaire, on le sait depuis Clausewitz, la conviction qu'il a perdu, et ce dont jihadistes et talibans semblaient tout sauf persuadés).
Le 7 octobre 2001, en effet, comme le révélait une cassette de ben Laden diffusée par al Jazeera puis reprise par les télévisions du monde entier au point de faire oublier les missiles volant dans le ciel, la règle du jeu avait changé.
Richard Labévière nous rappelle que la qualification même de la guerre (contre qui,pour quelle victoire, suivant quelles règles ?) en est le premier enjeu stratégique et symbolique.
Florent Barnades traite du pouvoir de la photo dans une guerre où la représentation de la violence et des victimes sont cruciaux.
Dans la même logique, Emmanuel Pezé montre quel rôle joue l'image de l'ennemi -cassettes de ben Laden, propagande jiahdiste ou apparition sur écran des talibans traqués par des machines high tech-.
Cette propagande jihadiste, nous en donnons un exemple avec un extrait du très étrange magazine anglophone en ligne "Inspire".
Quant aux réseaux sociaux, dont on a tant souligné à l'occasion du printemps arabe qu'il étaient les outils des révoltes démocratiques, Florent de Saint Victor nous montre qu'ils sont aussi devenus un terrain d'affrontement entre l'Isaf et les talibans.
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