huyghe.fr - Le site de François-Bernard Huyghe
OK
 Sur Twitter : @huyghefb
 Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie
 Terrorisme
 Affrontements, stratégies et images
 Information, pouvoir et usage : l'infostratégie
 Intelligence économique : du savoir à l'influence
 Pouvoirs et information
 Transmission et communication : la médiologie
 Médiologie au présent
 Médiologie de l'histoire
 Divers
 Textes à télécharger
 Huyghe Infostratégie Sarl
Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie > Terrorisme
Breivik : jihadiste à l'envers et conservateur culturel
Pour conclure plusieurs articles sur l'idéologie de Breivik, lisons son manifeste et ses inspirateurs : si les critères classiques du fascisme s'y appliquent mal, faut-il par de jihad inversé ? de variante délirante du néoconservatisme US ?
La suite

Breivik est-il fasciste ? Au sens strict, non :  il n'est certes pas partisan d'une Norvège dotée d'une chambre des Faisceaux et Corporations, d'un parti unique et d'un conducteur charismatique. Chez le Norvégien pas d'exaltation de la jeunesse, du chef, du peuple en armes, de l'État fort représentant enfin le peuple tout entier, pas d'éloge de l'autorité, pas de haine de l'argent impur, pas de rêveries sur une Nation aux mâchoires serrées, pas de refus d'être considéré comme conservateur. Ce philosémite occidentaliste libéral en économie se réclamant vaguement d'un christianisme culturel de convention et obsédé par la crainte de l'instauration d'un émirat islamique totalitaire d'Oslo ne veut pas construire un Empire pour mille ans. Il aimerait bien revenir à la Norvège petite bourgeoise et à sa famille nucléaire, à des mœurs globalement convenables et à des minorités pas trop bruyantes. Une nostalgie qui vous pousse rarement à tuer 76 personnes.

Mais si l'on entend par "fasciste" tout partisan d'une droite autoritaire et xénophobe, Breivik l'est certainement.

Pour analyser plus finement, nous nous proposons de reprendre les critères que donnait Umberto Eco dans "Cinq leçons de morale" afin de préciser ce qu'il appelait "Ur-fascisme", un fascisme originel ou fondamental, sorte de forme pure dont les fascismes historiques ne seraient que des avatars..

En gras le texte d'Umberto Eco, en maigre nos commentaires

1. La première caractéristique de l’Ur-fascisme est le culte de la tradition.

Si par tradition, on entend une sorte d'éthique ou cosmologie antique, une source de vérité primitive que des ancêtres (Aryens, Romains, sages de la Tradition...) auraient possédé avant la décadence (chrétienne, démocratique, raciale), le critère colle assez mal. Si Breivik était attiré par les templiers et sociétés secrètes ou la franc-maçonnerie (ce qui n'est pas typiquement de droite), et s'il regrette une Norvège et une Europe qui n'étaient pas encore atteintes par l'islamisme, sa nostalgie renvoie à une réalité petite bourgeoise d'il y a quelques années, pas aux fondements de notre civilisation.

2. Le traditionalisme implique le rejet du modernisme.

Là non plus, pas de diatribes de Breivik contre les Lumières ou la civilisation industrielle. Au contraire, il semble favorable au rationalisme et  à la technologie.

Il se réclame d'une "école de pensée de Vienne" (sans doute par allusion au site "les portes de Vienne" de son maître à penser "Fjordman") dont les principes seraient :

- conservatisme culturel contre multitculturalisme

- résistance à l'islamisation;

- antiracisme;

- anti-autoritarisme (opposition à toutes les idéologies autoritaires de haine qui sont pour lui le nazisme, le communisme et l'islam)

- soutien à Israël

- christianisme culturel

- dénonciation du projet "Eurabia" d'invasion de l'Europe par l'islam, religion "génocidaire" et totalitaire

On peut juger cette idéologie paranoïaque (en ce sens qu'elle repose sur l'idée d'un péril islamique concerté et d'un ennemi unique) et conservatrice (en ce sens qu'il s'agit bien de conserver un monde que l'on a connu et ses valeurs) mais elle n'est pas opposée à l'idée de modernité comme telle.

3. L’irrationalisme dépend également du culte de l’action pour l’action.

L'opposition du combattant blond héroïque et du petite intellectuel qui ratiocine n'est pas vraiment évidente chez le Norvégien. Au contraire, il aime beaucoup multiplier les références théoriques. Il se voit en train de mener une guerre défensive, pas une guerre perpétuelle : la nuance est d'importance.

4. L’esprit critique opère des distinctions, et distinguer est un signe de modernisme. Dans la culture moderne, la communauté scientifique loue les divergences en tant que moyen d’améliorer la connaissance. Pour l’Ur-fascisme, le désaccord, c’est la trahison.

Breivik craint que l'islam ne détruise une culture de la liberté et de la critique intellectuelle qu'il considère comme essentiellement européenne. Si Breivik prend pour cibles des mouvements intellectuels - grosso modo, la suite de l'école de Francfort, la "french philosophy" (Foucault, Derrida) et le mulitculturalisme à la E. Saïd, bref ce qu'il appelle assez improprement le "marxisme culturel", il les combat pour les effets pervers de leur théorie, pas en tant que rationalistes critiques.

5. D’autre part, le désaccord est un signe de diversité. L’Ur-fascisme se développe et recherche le consensus en exploitant et en exacerbant la peur naturelle de la différence.

Là, il faut donner le point à Eco : difficile de nier que Breivik ait peur de la différence islamique (islamique mais non arabe, car il se dit indifférent aux questions raciales biologiques). Il est vrai qu'il a peur de cette différence parce qu'elle abolirait toutes les différences. Il affirme plusieurs fois qu'il est anti-raciste au sens où il ne valoriserait pas une réalité biologique. Cependant, Breivik insiste sur le péril démographique que représente l'immigration, pas parce que ces gens auraient la peau plus foncée et les cheveux plus crépus que lui, mais parce que ce serait une forme d'islmaisation.

6. L’Ur-fascisme dérive de la frustration individuelle ou sociale.

Oui si l'on considère que Breivik prétend représenter des Norvégiens ou des Européens menacés. Non si l'on considère qu'il se vante souvent de sa réussite économique et sociale dans un pays prospère, paisible et uni jusque là. Il serait plus exact de parler de peur que de frustration.

7. Aux gens qui se sentent privés d’une identité sociale claire, l’Ur-fascisme dit que leur seul privilège est le plus commun de tous : celui d’être né dans le même pays. Là est l’origine du nationalisme. En outre, les seuls qui peuvent fournir une identité à la nation sont ses ennemis. Ainsi, à la racine de la psychologie Ur-fasciste, on trouve l’obsession du complot, potentiellement international.

Oui, Breivik croit bien au complot (c'est même la clef de voûte de son raisonnement). Non, dans la mesure où l'identité qu'il entend défendre est culturelle et politique. À noter aussi que sa notion de crime commis contre l'Europe est assez vaste puisque, dans un montage photo, il range dans cette catégorie Hitler, Lénine, mais aussi Zapatero et Sarkozy.

8. Les partisans doivent se sentir humiliés par la richesse et la force ostentatoires de leurs ennemis.

Non, pas de nation de profiteurs désignée ici, ni de ressort de l'envie qui soit activé. Breivik tape sur un seul et même clou  : l'invasion islamique.

9. Pour l’Ur-fascisme, il n’y a pas de lutte pour la vie, mais plutôt une vie vécue pour la lutte. Ainsi, le pacifisme revient-il à trafiquer avec l’ennemi. C’est mal, car la vie est un état de guerre permanent. 

Breivik voit son action dans l'ordre de la nécessité : une réaction à une agression concertée, non une constante éternelle. En revanche, la remarque sur le pacifisme comme trahison peut se transposer. Breivik est surtout obsédés par la faiblesse idéologique des "humanistes" et autres partisans de l'ouverture et du multiculturalisme. Ce sont d'ailleurs de représentants de cette catégorie, des jeune travaillistes pleins de bons sentiments envers l'Autre et la Différence, qu'il a massacrés, pas des Arabes.

10. L’élitisme est un aspect typique de toute idéologie réactionnaire, en ce qu’elle est fondamentalement aristocratique, et l’élitisme aristocratique et militariste implique cruellement le mépris des faibles.

Breivik se réfère constamment à la démocratie menacée et n'envisage guère de race des seigneurs ou de super-parti regroupant les éléments les meilleurs ou les plus actifs de la Nation pour de nouvelles conquêtes. En revanche, il croit en une élite "templière" mais qui serait une avant-garde ayant pris conscience du danger et prête à le combattre.

11. Dans une telle perspective, tout le monde est éduqué pour devenir un héros.

Breivik souhaite une mort héroïque pour lui mais n'envisage pas de former de super-Norvégiens ou une nouvelle race d'hommes. Une Norvège petite bourgeoise libérée du péril islamique, démocratique et pétrie de christianisme culturel lui conviendrait parfaitement.

12. Puisque la guerre permanente et l’héroïsme sont tous deux des jeux difficiles à jouer, l’Ur-fasciste transfère sa volonté de pouvoir sur des questions sexuelles. C’est l’origine du machisme (qui implique à la fois le dédain envers les femmes, et l’intolérance et la condamnation d’habitudes sexuelles non-standard — de la chasteté à l’homosexualité).

Si Breivik considère comme des complices de la décadence tous ceux qui culpabilisent la population avec la peur de l'homophobie, il ne semble pas vouer de haine particulière aux homos (il envisage un moment avec amusement que ses amis le croient gay). Il prétend se battre aussi pour les femmes et pour les libertés que leur refuserait l'islam. Il s'attaque souvent au féminisme, mais comme menace contre la famille. Sa défense des valeurs traditionnelles, y compris dans le domaine de la sexualité, repose moins sur une horreur du sexe, que sur l'éloge d'une normalité qui serait le fondement d'une société stable.

13. L’Ur-fascisme est fondé sur un populisme sélectif — un populisme qualitatif, pourrait-on dire. Dans une démocratie, les citoyens ont des droits individuels, mais les citoyens dans leur ensemble n’ont d’impact politique que d’un point de vue quantitatif – chacun suit les décisions de la majorité. Pour l’Ur-fascisme, toutefois, les individus en tant qu’individus n’ont aucun droit, et le Peuple est conçu en tant que qualité, entité monolithique exprimant la Volonté Commune.

Tout au contraire, le thème des droits individuels revient souvent chez Breivik, et c'est au nom de leur défense contre l'islam totalitaire qu'il prétend justifier son action.

14. L’Ur-fascisme parle le Novlangue.

L'anglais de Breivik (car ce nationaliste norvégien écrit en anglais) est tout à fait normal.

Que conclure de tout ce qui précède ? Peut-être que les critères de Eco (dont certains s'appliqueraient parfaitement au régime nord-coréen, par exemple) sont vagues. Mais surtout, que ramener l'idéologie de Breivik à un phénomène des années 30 n'a aucun sens.

Si nous devions en donner une définition, nous dirions : jihadisme inversé et néo-conservatisme délirant.

 Jihadisme ?

Breivik ne réalise pas à quel point, sa logique parodie, en les affectant d'un signe inverse, celle des jiahdistes. Il y a un territoire qui partage des valeurs communes et qui constitue une unité de destin dans l'Histoire (celui de l'Oumma, celui de l'Europe). Le peuple (vrais musulmans, vrais Européens) subit une agression visant à occuper sa terre et à le réduire en servitude (complot judéo-croisé, complot islamiste).  Ces oppresseurs ont des des complices, y compris dans notre propre camp (régimes arabes et intellectuels pro-occidentaux, régimes occidentaux et "multikulti" collabos). Nous sommes en situation de guerre, elle est menée contre nous (par les Occidentaux, par les partisans de l'Eurabia). elle menace nos valeurs les plus fondamentales voire nos vies (le sang des Palestiniens, Irakiens, Téchétchènes et autres, les 200 millions de victimes du génocide mené par l'Islam). Les éléments les plus conscients (jihadistes et mouhadjidines, nationalistes européens ou "templiers") forment l'avant-garde de la guerre défensive. Ils doivent mener des actions spectaculaires pour réveiller leur camp et faire savoir aux ennemis que leur règne prendra fin (attentats islamistes, massacre d'Oslo). Tuons le plus d'ennemis possibles, chez l'ennemi principal ou ses serviteurs (musulmans coopérant avec l'ennemi, Européens habités par la haine de soi). Cela vaut de sacrifier sa vie pour gagner le martyre et lutter pour la survie de tous.

Autre trait commun : la notion de compensation du sang. Comme ses ennemis, Breivik aime calculer combien d'adversaires (y compris des "multikultis") il serait juste de tuer pour leur faire payer le prix du sang versé.

Breivik prévoit d'ailleurs un plan détaillé d'instauration d'un système défendant enfin les intérêts des vrais Européens, (avec victoire totale en 2083 après une longue guerre finale) comme d'autres envisagent l'établissement d'un authentique califat tout puissant.

Néo-conservatisme ?

L'idéologie de Breivik est très post-moderne par des traits comme son indifférence relative à la question de l'État (au fond, Breivik se satisferait parfaitement de la monarchie norvégienne si elle adoptait des lois restreignant l'immigration et ne laissait pas faire les islamistes) ou encore son aveuglement à toute question sociale. Et ne parlons pas de l'économie dont il semble ignorer l'existence. En revanche, il met au premier plan la question culturelle (y compris celle du pouvoir idéologique des "multikulti" et de ce qu'il nomme le "marxisme culturel") et la question religieuse. Notons que, si Breivik ne cesse de rappeler son anti-marxisme, il donne au mot marxisme un sens très particulier : rentrerait sous cette étiquette toute pensée qui, au nom des droits des minorités, culpabiliserait les réflexes "sains" d'auto-défense face à l'islam. On conviendra que ceci a peu à voir avec le matérialisme dialectique historique ou la lutte des classes. Il est bien plus obsédé par le PC, politiquement correct que par le Parti Communiste.

Enfin et surtout, l'idéologie de Brevik est monomaniaque. Il n'y a qu'un seul et unique problème : la guerre des civilisations. Pour lui, nous sommes menacés de servitude et nous ne le savons pas. Nous sommes en légitime défense (le thème de la légitime défense est une constante de tout discours terroriste : ce sont les autres qui ont commencé ; nous nous battons pour notre peau).

S'il fallait à toute force coller une étiquette à Breivik, ce serait plutôt celle d'un néo-conservatisme poussé au délire. Nous ne disons pas que les idées des néo-conservateurs poussent au terrorisme (encore qu'elles aient deux fois provoqué une guerre) : ce serait aussi intelligent que de rouvrir le dossier "Marx mène-t-il automatiquement au Goulag" ou "Le Coran est-il responsable du terrorisme islamiste ?". Nous disons que la thématique de désignation de l'ennemi principal - l'islamisme s'étendant à la planète - et l'appel à la défense armée pour préserver nos valeurs fondamentales sont singulièrement en écho.

Parmi les thématiques néo-conservatrices que l'on retrouve chez Breivik ou chez ses maîtres à penser comme "Fjordsman" dont il copoie-colle des dizaines de pages :

- les thème des trois totalitarismes menaçant successivement le monde : nazi, communiste, islamiste

- nos liberté et notre civilisation menacées de disparition

- certitude que seuls notre manque de confiance en nous et notre répugnance à défendre nos valeurs nous menacent vraiment

- la réduction des dangers à l'idéologie, en l'occurrence l'islamisme

- l'obsession anti-arabe. Il faut arrêter les nouveaux envahisseurs "aux portes de Vienne"

- le thème de la guerre globale et "préemptive" qu'il faut mener, puisque l'ennemi nous la fait, "quatrième guerre mondiale"

- le refus du compromis : seule la force paie.

Pour laisser le lecteur se faire son idée, nous reproduisons ci-dessous quelques pages de Breivik, en vrac (mais il est facile de retrouver la référence exacte en téléchargeant son compendium et en utilisant la fonction "chercher" pour s'assurer que nous n'avons  ni déformé ni décontextualisé ses propos.

CITATIONS extraites de "2083" le livre en ligne de Breivik

As we all know, the root of Europe's problems is the lack of cultural self-confidence (nationalism). Most people are still terrified of nationalistic political doctrines thinking that if we ever embrace these principles again, new “Hitler’s” will suddenly pop up and initiate global Armageddon... Needless to say; the growing numbers of nationalists in W. Europe are systematically being ridiculed, silenced and persecuted by the current cultural Marxist/multiculturalist political establishments. This has been a continuous ongoing process which started in 1945. This irrational fear of nationalistic doctrines is preventing us from stopping our own national/cultural suicide as the Islamic colonization is increasing annually. This book presents the only solutions to our current problems.

You cannot defeat Islamisation or halt/reverse the Islamic colonization of Western Europe without first removing the political doctrines manifested through multiculturalism/cultural Marxism…

...

Multiculturalism (cultural Marxism/political correctness), as you might know, is the root cause of the ongoing Islamisation of Europe which has resulted in the ongoing Islamic colonisation of Europe through demographic warfare (facilitated by our own leaders). This compendium presents the solutions and explains exactly what is required of each and every one of us in the coming decades. Everyone can and should contribute in one way or the other; it’s just a matter of will.

Time is of the essence. We have only a few decades to consolidate a sufficient level of resistance before our major cities are completely demographically overwhelmed by Muslims. Ensuring the successful distribution of this compendium to as many Europeans as humanly possible will significantly contribute to our success. It may be the only way to avoid our present and future dhimmitude (enslavement) under Islamic majority rule in our own countries.

....

One of conservatism’s most important insights is that all ideologies are wrong. Ideology takes an intellectual system, a product of one or more philosophers, and says, “This system must be true.” Inevitably, reality ends up contradicting the system, usually on a growing number of points. But the ideology, by its nature, cannot adjust to reality; to do so would be to abandon the system.

Therefore, reality must be suppressed. If the ideology has power, it uses its power to undertake this suppression. It forbids writing or speaking certain facts. Its goal is to prevent not only expression of thoughts that contradict what “must be true,” but thinking such thoughts. In the end, the result is inevitably the concentration camp, the gulag and the grave.

....

The parallels between the old, economic Marxism and cultural Marxism are evident. Cultural Marxism, or Political Correctness, shares with classical Marxism the vision of a “classless society,” i.e., a society not merely of equal opportunity, but equal condition. Since that vision contradicts human nature – because people are different, they end up unequal, regardless of the starting point – society will not accord with it unless forced. So, under both variants of Marxism, it is forced. This is the first major parallel between classical and cultural Marxism: both are totalitarian ideologies. The totalitarian nature of Political Correctness can be seen on campuses where “PC” has taken over the college: freedom of speech, of the press, and even of thought are all eliminated.

The second major parallel is that both classical, economic Marxism and cultural Marxism have single-factor explanations of history. Classical Marxism argues that all of history was determined by ownership of the means of production. Cultural Marxism says that history is wholly explained by which groups – defined by sex, race, religion and sexual normality or abnormality – have power over which other groups.

The third parallel is that both varieties of Marxism declare certain groups virtuous and others evil a priori, that is, without regard for the actual behaviour of individuals. Classical Marxism defines workers and peasants as virtuous and the bourgeoisie (the middle class) and other owners of capital as evil. Cultural Marxism defines all minorities, what they see as the victims; Muslims, Feminist women, homosexuals and some additional minority groups as virtuous and they view ethnic Christian European men as evil. (Cultural Marxism does not recognise the existence of non-Feminist women, and defines Muslims, Asians and Africans who reject Political Correctness as evil, just like native Christian or even atheist Europeans.)....

...

Since the creation of Islam in the 7th century and to up to this day, the Islamic Jihad has systematically killed more than 300 million non Muslims and tortured and enslaved more than 500 million individuals. Since 9/11 2001, more than 12 000 Jihadi terrorist attacks have occurred around the world which have led to the death of one or more non-Muslims [2] per attack. In other words; there are around 150 deadly Jihadi attacks per month around the world. This trend will continue as long as there are non-Muslim targets available and as long as Islam continues to exist.

...

Europe has its own full-fledged brand of negationism: a movement to deny the large-scale and long-term crimes against humanity committed by Islam. This movement is led by Islamic apologists and Marxist academics, and followed by all the politicians, journalists and intellectuals who call themselves secularists. Similar to the Turkish negationism regarding the Armenian genocide, the European negationism regarding the terrible record of Islam is fully supported by the establishment (The EU, Western European governments). It has nearly full control of the media and dictates all state and government parlance concerning the communal problem (more properly to be called the Islam problem).

...

The current multiculturalist regimes of Western Europe are not at all democratic, this country is not democratic. They haven’t been democratic since the 1950s. There is no basis for democracy when all state institutions including schools/universities deliberately use advanced brainwashing techniques (as has been described thoroughly) to condition the people from resisting their own persecution and annihilation through the manifestations of cultural Marxism/multiculturalist doctrines. Furthermore, there is no basis for democracy when 99% of all journalists support and propagate multiculturalism and thus collaborate with the political elites in their quest to indoctrinate the people. There is no basis for democracy when all patriots and nationalists are ignored, ridiculed or persecuted. Factors such as these and many more have resulted in the Marxist tyranny we live under today. The political and cultural elites are deliberately selling their own people into Islamic slavery by allowing Islamic demographical warfare and by their reluctance to ensure a national indigenous fertility rate of 2,1.

...

The reason why authors on the Eurabia related issues/Islamisation of Europe - Fjordman, Spencer, Ye’or, Bostom etc. aren’t actively discussing deportation is because the method is considered too extreme (and thus would damage their reputational shields). This would un-doubtfully undermine their work and probably disallowing them to publish any future books. However, the warning about Islam has been repeated for more than two decades and it is apparent that 40 more years of dialogue, without action, would have a devastating effect on Europe. If these authors are to scared to propagate a conservative revolution and armed resistance then other authors will have to.

...

When I first started on this compendium more than three years ago I had already decided to only cover issues relating to Islamisation and mass-Muslim immigration out of the fear of being labeled as a racist. I have always been terrified of the prospect of being labeled as a racist, to such a degree that I have put significant restrictions on myself, not only verbally but concerning all aspects of my social image. And I know this is the case for a majority of Europeans. I would say I have allowed myself to be paralyzed by this fear. I was inclined not to bring up WW2, the relevance of ethnicity or mention the word race at all.

Unfortunately for me, I found out through the years of research and study that everything is connected. Our present situation is a direct result of WW2 and the cold war, of the so called Frankfurt school and the rise of cultural Marxism/multiculturalism and political correctness. We cannot ignore the relevancy of these doctrines and we are forced to reflect on these issues if we are to have a meaningful discussion. We are forced to bring up all the taboos and reassess all the current “accepted truths”.

If I had met myself 12 years ago I would probably think I was an extreme and paranoid nut, who believed in conspiracy theories: ...

The thing is that many of our political and cultural elites, including politicians, NGO leaders, university professors/lecturers, writers, journalists and editors – the individuals making up the majority of the so called category A and B traitors, knows exactly what they are doing. They know that they are contributing to a process of indirect cultural and demographical genocide and they need to be held accountable for their actions. The truth needs to come out. We are in the very beginning of a very bloody cultural war, a war between nationalism and internationalism and we intend to win it. We will not allow the EUSSR elites to deconstruct everything European nor to sell the peoples of Europe into Muslim slavery. Islam WILL be thrown out of Europe for a third time and the Marxist, humanist and globalist traitors who colluded with the Ummah will be held accountable for their treason. We, the cultural conservatives, will not be able to determine our own future until we seize political and military power in our own countries. The only way of achieving this is to take individual responsibility and to contribute to create more resistance fighters by spreading the truth. Spreading the truth in an efficient way will speed up the ideological journey (the ideological maturity process/ideological confidence level) for mainstream Europeans. People must learn to overcome their fears and stand up for their beliefs. Our survival depends upon it.

...

For Europe, the most important thing to do right now is to dismantle the European Union in its present form, and regain national control over our borders and our legislation. The EU is so deeply flawed as an organisation, and so heavily infiltrated by Eurabian and pro-Islamic thinking that it simply cannot be reformed. And let’s end the stupid support for the Palestinians that the Eurabians have encouraged, and start supporting our cultural cousin, Israel.

...

War or armed resistance has traditionally always been used as a last resort, used when dialogue has proven to be ineffective. The justification for use of armed resistance against the European cultural Marxist/multiculturalist systems is tied to the outlook for cultural conservative political success. You have to ask yourself; is it remotely possible under the current conditions that a conservative, monocultural political party will ever gain substantial political influence? An increasing number of Europeans are opening their eyes to the reality that the democratical struggle through dialogue has been lost. The cultural Marxists have institutionalised multiculturalism and have no intention of ever allowing us to exercise any political influence of significance. In theory we, the cultural conservatives of Europe, have become slaves under an oppressive, tyrannical, extreme left-wing system with absolutely no hope of reversing the damage they have caused. At least not democratically..

...

How shall we differentiate between hardcore Marxists, cultural Marxists, suicidal humanists/career cynicists and the capitalist globalists? The common factor here is that they all believe they are doing the right thing, so they all have good intentions, at least according to themselves. But this can also be said about Hitler, Stalin and Pol Pot. They were all idealists in their own twisted way. Regardless of their twisted intentions they are all mass murderers and must be treated as such.

The only thing that separates Hitler, Stalin, Pol Pot with today’s cultural Marxists, suicidal humanists, career cynicists and capitalist globalists (multiculturalists) is that the tyrants of today are all directly responsible for the extermination of THEIR OWN people and intend to sell the rest into Islamic slavery. Never in the history of man has an ideology revolved around the concept of exterminating its own people. As such, multiculturalism is truly unique in human history.

....

The 3-phase-process of destroying and replacing the current cultural Marxist/ multiculturalist regimes of Western Europe will not be easy or painless. Keep in mind that these regimes we are fighting have and are still committing genocide against the indigenous peoples of Europe by exposing them to more than 25 million Muslims. They have indirectly killed more than 15 000 Europeans, raped more than 500 000 European women, robbed and terrorised more than 4,5 million Europeans, fired more than 37 000 cultural conservatives from their jobs and incarcerated more than 150 000 brothers and sisters for opposing their policies.

...

As a Justiciar Knight you are operating as a jury, judge and executioner on behalf of all free Europeans. Never forget that it is not only your right to act against the tyranny of the cultural Marxist/multiculturalist elites of Europe, it is your duty to do so.

...

There are situations in which cruelty is necessary, and refusing to apply necessary cruelty is a betrayal of the people whom you wish to protect.

The preferred method is to attack in a violent and deceptive form (shock attack), usually with limited forces (1-2 individuals).

Once you decide to strike, it is better to kill too many than not enough, or you risk reducing the desired ideological impact of the strike. Explain what you have done (in an announcement distributed prior to operation) and make certain that everyone understands that we, the free peoples of Europe, are going to strike again and again. Do not apologise, make excuses or express regret for you are acting in self-defence or in a preemptive manner. In many ways, morality has lost its meaning in our struggle. The question of good and evil is reduced to one simple choice. For every free patriotic European, only one choice remains: Survive or perish. Some innocent will die in our operations as they are simply at the wrong place at the wrong time. Get used the idea. The needs of the many will always surpass the needs of the few.

 Imprimer cette page