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Langue et influence : polices des mots

Depuis la vieille rhétorique, puis avec la novlangue, la langue de bois ou de coton, les langages totalitaires ou le politiquement correct, divers modèles d'utilisation de la langue comme arme d'influence.



Il ne sera sans doute pas très difficile de convaincre un auditoire français que la langue est un instrument d'influence dans le pays qui a inventé la francophonie comme politique. L'idée n'est pas nouvelle : après la défaite de 1870, la République s'empresse de créer des Alliances Françaises pour répandre l'usage de notre langue, accompagnée de quelques cours de "civilisation française" auprès des élites étrangères, ou des futures élites (leurs enfants, les étudiants). Il s'agit clairement de compenser en termes d'influence (prestige, francophilie, reconsitution de réseaux amis) ce que la guerre nous avait fait perdre en termes de puissance.

Depuis la francophonie, souvent présentée certes comme un instrument au service de notre diplomatie, une façon de rassembler des amis partageant nos façons de penser et bien prédisposés à notre égard, mais aussi comme un moyen de résister à l'unification des esprits par l'anglais. Notre langue, favorisant "par nature" la diversité, l'universalité et le multilatéralisme est ainsi créditée d'un pouvoir libérateur. De façon plus générale, la notion d'une langue porteuse de valeurs ou de catégories mentales est devenue un lieu commun.

La langue se prête à des stratégies d'influence, c'est-à-dire à l'emploi coordonné de moyens destinés à produire de l'opinion et du consentement, sans avoir à recourir à la contrainte, sans se réclamer d'une autorité explicite et sans rien donner en échange, donc sans compensation ou récompense. Certes l'influcne peut être relayée par la puissance ou l'autorité : l'imposition de certains vocables puisse s'accompagner de sanctions ou être décidée par ordres et décrets, mais cela ne change rien au pouvoir d''influence intrinsèque de la langue. L'influence peut porter aussi bien sur le contenu (imposer une conviction ou un comportement à l'influencé, le faire adhérer à une proposition) que sur le code (intégrer des catégories mentales ou des attitudes générales qui poussent à penser et à agir comme le souhaite l'influent). De la même façon, les mots agissent par leur agencement habile qui produit l'effet de croyance désiré, mais aussi par leur simple présence ou absence dans le vocabulaire de l'influencé. Ils manifestent leur puissance à travers des règles qui gouvernent leur emploi et qu'il peut intérioriser.



Dans le premier cas (les deux méthodes veulent se mêler), la parole agit par sa propre force rhétorique. L'orateur habile à persuader emploie les mots de la tribu pour susciter des émotions, des jugements de valeur ou des raisonnements qui mènent là où il veut mener. La rhétorique antique procédait du connu (endoxa : les choses que les interlocuteurs tiennent pour acquises, disait Aristote) vers la nouvelle conviction qu'elle voulait faire naître. Et cela ne pouvait se faire - par exemple dans le cadre de débats oraux sur l'Agora ou devant le tribunal - que si les auditeurs avait un sentiment de grande familiarité en écoutant un discours conçu répondant à leurs attentes et à leurs stéréotypes. Peu de place pour les néologismes et les jargons dans ce processus.



Une stratégie "orientée code" procède plus en amont : elle joue sur les panoplies avec lesquelles se livrent les joutes intellectuelles et sur les règles qui gouvernent leur emploi. Le répertoire au delà de la combinatoire.



Certaines normes peuvent être imposées par l'autorité : celui qui désigne certaines choses d'une certaine manière ou qui, au contraire, néglige d'employer certaines formules est alors tout simplement puni au pire par la police au mieux par son rédacteur en chef. Il peut être officiellement décidé qu'il faut parler des "événements" et non de la "guerre d'Algérie", que les gens qui mentionnent une "résistance irakienne" sont des complices d'al Qaeda, que se référer à Israël et non à l'entité sioniste c'est trahir la cause arabe... De même, il peut être dangereux de ne pas accompagner le nom du dirigeant de la kyrielle de titres et adjectifs ronflants qui le précède toujours. mais il s'agit là d'un procédé à la fois visible et grossier.





Le plus souvent, le succès d'une terminologie reflète la constance et l'organisation de ses partisans. Les organisations privées spécialisées dans l'influence (ONG; think tanks, lobbies), tout comme certains services gouvernementaux savent ce que savaient déjà les philosophes chinois : que l'ordre politique dépend des dénominations. Et que celui qui décide des secondes contrôle le premier. Ce n'est pas une petite victoire que d'avoir imposé "développement durable", "ingérence humanitaire", "droit au logement opposable" : le mot a entraîné la norme et la norme impose parfois la chose. De même, dans les organisations internationales, ce n'est pas un enjeu négligeable que d'obtenir que l'on dise "Golfe Persique" ou "les autorités qui sont au Nord de l'île de Chypre".



Deux axes principaux dans la stratégie de propagation par le vocabulaire : l'euphémisation des réalités et l'exploitation des idéalités.



Dans le premier cas, il s'agit de dédramatiser une situation par une terminologie neutre et technique : des frappes chirurgicales ne font pas immédiatement penser à des cadavres démembrés et à des immeubles éventrés, mais plutôt à un acte médical. Et il existe mille façons de ne pas prononcer les mots obscènes de "pauvres" ou de "chômage".



Dans le second, il s'agit de transférer tout la valeur symbolique lié à un terme dans le sens positif ou négatif, comme pour accaparer sa puissance émotive voire magique. Épuration ethnique ou populisme, camp de la paix, armes de destruction massive ou conscience planétaire jouent assez bien ce rôle.





Ce que nous venons de dire n'est pas un bien grand secret dans la mesure où il existe des agences de communication qui trouvent des noms sexys aux guerres, des think tanks qui discutent ouvertement du vocable qui fera le mieux passer leur nouveau concept (nous avons nous-même rencontré un chercheur d'une de ces institutions qui explique sans gêne comment "guerre préemptive" (Preemptive warfare et non préventive) a été discuté et "testé" avant d'être officiellement formulée comme la doctrine géopolitique dans un discours de G.W. Bush); Plus tard, s'est élevée une discussion passablement surréaliste aux USA pour savoir s'il serait plus efficace de parler de "Guerre globale au Terrorisme" ou de combat global contre l’extrémisme violent (Global Struggle Against Violent Extremism) après le malheureux emploi de "croisade".



Plus subtil est le rôle du "politiquement correct" au sens anglo-saxon. En France "politiquement correct" est comme "pensée unique" une injure dont les alter-mondialistes abreuvent les ultra-libéraux qu'ils accusent de monopoliser tout mode d'expression. À moins que ce ne soit une insulte des conservateurs envers la domination idéologique des soixante-huitards dont ils se disent victimes. Aux États-Unis la political corecteness est assumée par ses tenants. C'est d'abord un système de censure d'autant plus efficace qu'il repose sur la mauvaise conscience : il est interdit de désigner certaines "minorités" par des vocables qui peuvent suggérer une once de mépris ou de condescendance... La "sensibilité" des femmes, des homosexuels, des noirs, des handicapés à tout ce qui discrimine justifie oblige les malheureux locuteurs à une gymnastique sémantique : des circonvolutions, des euphémismes, des termes compliqués (comment désigner sans discriminer, c'est-à-dire souligner une différence ? c'est pourtant le rôle de la langue.). Cette auto-contrainte oblige à respecter un vocabulaire pour respecter des gens et introduit une sorte de petit Surmoi inquiet dans la bouche de chacun.



La vacuité et l'automaticité de la langue, disons sa faculté de ne rien dire et de penser pour vous, présente également un grand intérêt pour une stratégie d'influence. Elle nous épargne de grands efforts mentaux, tout en entretenant une apparente communauté de vues avec nos concitoyens. Mieux, avec un bon logiciel (ou tout bêtement avec une feuille divisée en trois colonnes groupe sujet, verbe, complément) il est possible de produire des « matrices » qui combinent des éléments pris au hasard dans une liste d’expressions standardisées : il en résulte une apparence de phrase creuse mais qui suscite une apparence de sens.. Le principe de la matrice remonte au XIX° siècle, mais il est facile d’en trouver qui permettent de parler l’énarque, le politicien ou le sociologue sans peine. L’auteur de ce livre a lui-même produit un opuscule destiné à secourir ceux qui n’ont rien à dire et n’entendent pas se taire pour autant.



Tout cela, les systèmes totalitaires l'ont compris. Mais en plus, ils ont imposé des règles : qui est maître du code est maître du contenu du discours. Les systèmes ont systématisé : utilisé la langue comme arme de guerre et moyen de contrainte.



Une langue idéologique agit de trois façons. Par interdiction en empêchant d’exprimer (y compris dans sa propre tête) certaines critiques ou certaines réflexions. Par suggestion, en amenant à adopter certaines formules qui impliquent des jugements, une pseudo cohérence, un trajet obligatoire de la pensée dans un labyrinthe où valeurs, idées et termes renvoient les uns aux autres. Et enfin par effet de marquage ou appartenance, en ce sens que celui qui emploie ces mots et ces phrases signale bien à quel camp il appartient, et, par terreur ou par conviction, fait allégeance à sa communauté idéologique supposée.



La dénonciation la plus efficace de ces langues d’autorité et d’aveuglement est résumée dans 1984. Dans le monde de Big Brother, il ne suffit pas de surveiller les citoyens par écrans interposés, de les contraindre à la soumission et à la délation ou même de réécrire les archives en fonction des besoins du jour. Il faut aussi que nul ne puisse dire ou penser que ce qui est autorisé. Orwell résume génialement le principes de la novlangue (langue nouvelle pour l’homme nouveau).



L’appauvrissement : en supprimant la langue compliquée d’avant la Révolution, avec son vocabulaire riche et sa grammaire complexe, en instaurant un principe d’économie (une idée une façon de l’exprimer), Big Brother réalise un double bénéfice : il coupe les nouveaux citoyens du souvenir des temps anciens et il les standardise : cela ne peut que favoriser l’obéissance. Ainsi, s’il n’y a plus de mot pour exprimer l’idée de liberté politique la tentation ne peut concevoir une idée littéralement intraduisible.



L’enchaînement obligatoire : un mot en appelle un autre et tous se classent selon une échelle binaire : bon / mauvais. Le vocabulaire politique (dit langage B pour le distinguer du A qui sert aux notions pratiques et du vocabulaire C scientifique et technique) utilise des mots composés comme bonpenser (être politiquement orthodoxe) ancipenser (penser comme les anciens d’avant la novlangue, donc mal), joiecamp (en réalité : camp de prisonniers).



L’occultation : la novlangue permet d’appeler minipax le ministère de la guerre ou de proclamer que « l’ignorance, c’est la force ». Nul ne peut trouver ni dans les principes intellectuels ni dans la confrontation avec une réalité camouflée, le moindre point d’appui pour une contradiction.



Sans oublier la fonction de contrainte de la novlangue : indépendamment de ce qu’elle dit, du seul fait qu’elle fasse l’objet d’un apprentissage, elle contribue au dressage des sujets. Mais si 1984 est une contre-utopie, de vrais totalitarismes ont utilisé l'arme des mots.



Comme on s’en doute, la langue du nazisme n’était sur le fond pars moins particulière que par la forme symbolisée par la prosopopée rauque et exaltée des discours hitlériens. Le parler national-socialiste a suscité de œuvres d’analyse importantes. Ainsi dans “Langages totalitaires”, Jean-Pierre Faye décrypte des expressions comme totale völkische Staat, l'État total racial, National Revolutionnär (national révolutionnaire) ou Bündische Jugend (littérallement la jeunesse “liguée”) et montre comment la langue hitlérienne a su capter à travers l’usage des mots des courants idéologiques profonds.



Mieux, on a récemment redécouvert l’œuvre de Klemperer, un linguiste qui a vécu les années brunes et noté au jour le jour comment il voyait se transformer ses contemporains sous ses yeux, ou plutôt leur allemand, comme si le nazisme remontait au cerveau par la langue. Cette langue contrôlée par Goebbels lui-même, s’impose à tous comme un claquement de talons : la LTI (Lingua tertii Imperii, Langue du Troisième Reich). Sans créer beaucoup de néologismes (mais en abusant des acronymes et des mots composés, ce qui est facile en allemand), la LTI réutilise des termes anciens pour forger ses vocables typiques. Qu’il soit inquiétant avec Strafexpedition (expédition punitive) ou Ausradieren (effacer de la carte), volontairement appauvri à quelques termes standards, qu’il mette partout du Volk ou du Rassen (comme dans Rassengenosse, camarades de race), qu’il donne des connotations positives à “fanatique” ou s’infliltre dans les avis de décès des journaux (chaque défunt est mort “avec une foi inébranlable dans son Führer"), qu’il multiplie les images tirées de la mécanique et, bien sûr, du biologique, qu’il abuse des superlatifs, la langage nazi est celui de l’agitateur et de l’orateur commandant aux foules exaltées. Klemperer analyse de très nombreuses techniques – tel le mélange “à la Goebbels” du vocabulaire cultivé et du vocabulaire le plus trivial – pour asphyxier l’esprit critique de l’auditeur.



La LTI fait songer au moins par contraste à la langue de bois. Cette expression, d'abord destinée à ridiculiser la façon de parler des hégéliens, a pris deux sens. C'est d'abord la sovietlangue ou langue du marxisme réalisé. Par extension "langue de bois" a fini par signifier : paroles creuses, formules ronflantes et conventionnelles des politiciens coupés de la réalité, façon d'éviter de parler des réalités qui fâchent... Cette seconde langue de bois n'existe (comme la pensée unique) que pour être dénoncée et opposée à la parole vraie des vrais gens qui se soucient des vrais problèmes. Nous y reviendrons.



La langue de bois au sens soviétique n’est pas seulement une langue de brouillard destinée à couvrir les réalités d’un voile pudique, elle a une fonction idéologique bien reconnue par ceux qui l’ont subie, ou plutôt une fonction “idéocratique” : littéralement de faire commander l’idéologie en l’imposant comme seul univers mental possible. Ce qu’elle fit d’autant mieux que, contrairement à la LTI, elle fut traduite dans de nombreuses langues.



Parmi les procédés de la sovietlangue bien analysés par les linguistes et les dissidents :



- Groupes nominaux figés du type “forces démocratiques et populaires”, “réalité naturelle et sociale”, “la justesse de nos thèses”, goût prononcé pour les génitifs : “conditions objectives de production du discours”, “stade actuel de développement des moyens de production



- Abus du passif (ce qui permet de ne pas savoir exactement qui a fait quoi) : “De grands progrès ont été accomplis". "La vigilance des démocrates et des progressistes du monde entier a été éveillée…”, “ce niveau de réalité devra céder la place à un nouveau degré de développement



- Formules verbales vagues du type “prendre objectivement la forme de”, “déterminer en dernière instance”, “établir un rapport dialectique avec”, “se révéler finalement”, “se manifester à travers" qui permettent de donner l’apparence d’une explication scientifique à un rapport douteux entre deux choses ou deux idées. Corollairement, des expressions comme “dissimuler profondément”, “cacher sous un voile”, “se réduire en dernière analyse à” rappellent combien les adversaires capitalistes déploient de manœuvres et manipulent les mots et les apparences.



- Formules comparatives destinées à donner l’impression d’un mouvement incessant dans une seule direction : “de jour en jour”, “de plus en plus”, “la progression inlassable…” ; “le processus qui a commencé à se développer et ne cesse de s’enrichir d’étape en étape…”



- Délicats euphémismes comme “difficultés résiduelles”, “ultimes résistances de forces passéistes attachées à leur vision du monde condamnée par l’histoire” pour désigner des famines ou des massacres de masses.



- Fausse dialectique – lois objectives contre conscience subjective, forme contre fond, abstrait contre concret, dynamique contre statique – permettant d’appliquer une grille binaire et manichéenne à n’importe quoi ;



Il existe des dizaines d’autre recettes : manichéisme et simplification (par hyperbole et euphémisme pour désigner les réalités gênantes), imposition de catégories fermées, auto-référence de la langue, effacement du sujet devant le pseudo-constat qu’opère la langue à sa place…



Adopter une langue idéologique rigide, LTI ou Sovietlangue, c'est afficher une double appartenance, à la communauté des locuteurs "corrects" d'une part, à la vision du monde partagée d'autre part ; c'est entrer dans un orchestre où l'on jouera en mesure.



Pour autant tout jargon, un complot occulte n'explique par la tendance de nos contemporains à répéter des mots à la mode, à truffer, par exemple, son vocabulaire de "transparence, gouvernance, élites, citoyens, société civile, devoir de mémoire, modernisation, diversité, Autre, communautarismes, muticulturalisme, immatériel, post-industriel..." .



Un brouet idéologique peut être ainsi composée à peu de frais. Il suffit qu'elle contienne les éléments obligatoires :



- la modernité, la souplesse et le pragmatisme (être post quelque chose, changer, innover, être réactif)

- l'indignation (face aux terribles "ismes" : totalitarisme, nationalisme, racisme, archaïsme, populisme, avec leurs lots de phobies et d'idéologies)

- le respect de la Nature, du développement durable, des sensiblités, des minorités...

- le souci de la diversité et de la tolérance, si possible en étant à l'écoute des gens, des associations et de la société civile (donc en se défendant de parler la langue de bois ou d'avoir des réponses toutes faites aux vrais besoins de la modernité)

Le tout sur fond de "valeurs universelles" et citoyennes mal précisées et saupoudré de participation, festivité et de convivialité, histoire de retisser le lien social.



Cela ne signifie pas que les marqueurs idéologiques aient disparu du discours public. Il est évident que quelqu'un qui parle d'ultra-libéralisme, de dominés, de maîtres du monde, ou de violence symbolique n'a pas tout à fait les mêmes options qu'un autre qui n'a à la bouche que partenaires sociaux, équilibres, lutte contre l'exclusion et restructuration..



Surtout, la langue médiatico-politique actuelle (que nous avons ailleurs baptisée "langue de coton") sert moins à imposer une idéologie structurée qu'à assurer un consensus sur l'essentiel. Elle est redondante et prévisible au point de n'exprimer que des généralités très vagues sur le monde qui change, les contraintes du réel, ou la diversité des humains. Elle décourage toute critique par un mélange savant de flou et de moralisme désarmant. Elle a définitivement circonscrit l'espace de la polémique tout en réclamant toujours plus de débat. À la force de la contrainte, elle a substitué l'étonnant pouvoir de l'absence.





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