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Bourdes et dérapages
Vacuité et duplicité sont sur un bateau

La bourde est-elle de gauche et le dérapage de droite ?
En affirmant récemment que la communauté internationale devrait faire pression « sur le régime des talibans » (pourtant renversé depuis 2001), Ségolène Royal a-t-elle clos une anthologie qui faisait la joie des journalistes et des internautes (éloge de la justice chinoise, « bravitude », propos sur les 35 heures des professeurs, le Hamas, le Québec libre, erreur sur le nombre de sous-marins atomiques français, affirmation qu’une femme sur trois est tuée par son mari, propositions de contrat première chance assimilé à un CPE de gauche…) ?
De son côté, Nicolas Sarkozy, l’homme du Karcher et de la racaille, est sous haute surveillance. Pour avoir dit qu’il « inclinait à penser que l’on naît pédophile », il réveille le vieux débat inné acquis. Débat qui, soit dit au passage confond joyeusement l’héritabilité d’un caractère et son origine génétique (exemple : les basques qui ont souvent un génotype assez proche portent souvent des bérets basques : qu’en déduisez vous ? Le béret basque est-il inné ou acquis ?).
Pour en revenir au débat politique, tout s’est passé comme si tous les acteurs étaient d’accord pour se répartir les rôles. Le problème de Ségolène était celui de la compétence et de la cohérence, celui de Sarkozy, une affaire de nerfs et d’agressivité (argument dont les plus âgés se souviennent qu’il servit longtemps contre Chirac énervé et bonapartiste). La première devait se méfier de sa langue, le second de ses tripes.
Derrière ce classement, transparaissent de vieux stéréotypes. Ségolène Royale est elle systématiquement taxée d’incompétence parce que femme ? C’est ce qu’aimeraient croire certains de ses soutiens, surtout chez le féministes ayant acquis leurs galons dans les années 70 /80 , reprenant là un argument qui avait servi pour Edith Cresson. Le machisme se dissimulerait-il derrière l’ironie et comparer Ségolène à Bécassine est-ce une façon de dire « toutes les femmes sont des bécasses » ?
L’argument est un peu simpliste et un tantinet terroriste (Vous critiquez son look ou au contraire vous soulignez sa beauté ? machistes ! beauf ! obsédé ! Vous dites son programme irréaliste ? c’est parce que vous pensez les femmes incapables de commander ! Vous vous moquez de ses gaffes ? vous trahissez par là votre mépris et peut-être votre peur de la Femme !).
Plus vraisemblablement, nous voyons réactiver des catégories qui ont structuré toute la vie politique française. Cela renvoie à quelques bons vieux lieux communs. La gauche est idéaliste, mais irréaliste, brouillée avec les chiffres. Ses intentions sont généreuses, mais ça ne marche pas. La droite, elle, a une affinité naturelle avec la réalité mais ce sont ses méthodes voire ses intentions qui sont suspectes. Elle dissimule des intérêts sous forme de référence aux lois naturelles de l’économie. Ou encore, elle est naturellement encline à recourir à l’autorité voire à la brutalité ; peu douée pour l’écoute et le dialogue, arrogante…
Ce schéma mental – comprenez : la façon dont les uns attendaient qu’elle « se plante », les autres qu’il se trahisse – a sans doute contribué à donner à cette campagne électorale son côté dispersé et n’a guère favorisé un véritable débat. À droite on ricanait sur le chiffrage des propositions adverses, on se gaussait des contradictions et alternoiements de la pauvrette avec une supériorité goguenarde. À gauche, on attendait que tel le Pen à qui on le comparaît sans cesse, Sarkozy laissât parler son vilain inconscient et ne révélât son véritable visage. Deux façons de ne pas discuter les idées mais de les qualifier.

Autre donnée qui a passablement favorisé l’éclatement de la campagne (pas de thème dominant, mais une affaire par jour, vite chassée par la suivante….)


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