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Think tanks : idées, intérêts, influences...
Quels réservoirs pour quelles idées ?

De la nécessité de distinguer pouvoir intellectuel et pouvoir des idées, des cas français et américains entre recherche et guerre des cerveaux, de l'ambiguïté du pouvoir des idées et des quelques façons d'aborder le phénomène des think tanks ...


Vieille question : comment une idée devient-elle une force ? Par quel circuit le produit d’un cerveau humain transforme-t-il le monde ? En devenant un objet de croyance, voire un dogme qui peut être fixé dans un texte et conservé par des gardiens de l’orthodoxie, en s’inscrivant dans la durée, en s’incarnant dans des corps organisés (églises, partis, institutions…), en trouvant une traduction symbolique (chants, drapeaux, monuments), en étant reprise et réappropriée par des servants qui la développent et l’appliquent, croyants et partisans : ils créent des hiérarchies, des grilles d’explication et des légitimités à partir de l’idée fondatrice, dessinent des buts, imaginent des stratégies. Il va de soi qu’au cours de ce procédé l’idée, le « message » initial des fondateurs se déforme, s’adapte, se fige, s’enrichit, se transforme….

L’histoire de la Samgha bouddhiste, la communauté née il y a vingt-sept siècles de la prédication d’un seul homme ou le passage de manifeste de Karl Marx à l’URSS de Brejnev et à sa chute suivent, à cet égard, les mêmes règles.
Mais on peut considérer le point de vue inverse : soit l’existence d’un certain « pouvoir » des idées comment se manifeste-il ? où réside-t-il ? comment se le procurer, se l’approprier, l’exploiter ?

Une des réponses possibles, dans nos sociétés au moins, consiste acheter, contrôler ou diriger de la force de travail intellectuel. Certes, il n’y a rien de scandaleux à rémunérer une compétence intellectuelle pour publier des livres ou monter une université. Mais il est des domaines où la quête des idées poursuit répond à d’autres objectifs : conquête du pouvoir ou défense d’intérêts (à supposer que les deux puissent se distinguer).

À partir de là se dessinent deux grandes voies (qui se recoupent très largement) :
- utiliser le pouvoir intellectuel (donc souvent le pouvoir des intellectuels) comme force d’appoint, comme source de prestige au service d’une cause ou d’un personnage, comme mode d’emprise sur les esprits via les médias, comme autorité fondée sur la réputation, et non sur l’élection, comme moyen capable d’apporter une caution à un projet ou d’embarrasser des adversaires en les condamnant et les stigmatisant…
- utiliser le pouvoir des idées elles-mêmes, envisagées comme propositions relatives au réel et incitant à l’action dans un certain sens. Y puiser une inspiration, les répandre, les populariser et finalement, les mettre en action. A priori, cette deuxième option semble plus sympathique que la première, mais nous verrons que les choses sont plus subtiles

Le pouvoir intellectuel

À propos de ses détenteurs, Régis Debray faisait remarquer il y a déjà longtemps dans un livre portant le même titre que « ces professionnels de l’opposition à tout pouvoir exercent à ce titre un pouvoir d’influence décisif sans doute plus gratifiant que le pouvoir politique ou économique ». Il ajoutait que cette autorité sans les inconvénients du pouvoir dépendait des moyens de communication et de leur progrès technique et décelait un véritable cycle médiatique du pouvoir intellectuel.
Il y a des recettes bien connues. Par exemple, la stratégie du « conseiller du Prince » qui consiste à s’attacher un producteur d’idées, son prestige et sa caution, en lui permettant de s’approcher des ors du Pouvoir et en le rémunérant.

Ou encore, la stratégie dite de « l’idiot utile », largement pratiquée par les partis communistes à une certaine époque. Elle consiste à gagner le soutien d’un intellectuel qui signera les pétitions, participera aux meetings, s’associera aux bonnes causes (parfois sous un couvert pacifiste, progressiste ou antifasciste ce qui lui permet de ne pas entériner toutes les positions du parti). En échange, le compagnon de route, l’ami caution, recueille des avantages non négligeables : visibilité médiatique, voyages en URSS ou à Cuba gratuits, public captif, solidarité de certains de ses pairs, aide à des carrières éditoriales ou universitaires, sentiment d’une chaleureuse fraternité… Aujourd’hui il existe toujours un volant non négligeables de grandes consciences dont l’appui ou la militance médiatique peuvent s’assurer moyennant une synergie efficace petits fours, plus apparitions médiatiques, plus congrès…

Mais il s’agit là de procédés assez grossiers où l’intellectuel est employé pour son nom et sa réputation plus que pour le contenu de ce qu’il produit.

Rappelons que l’intellectuel ne se définit ni par la taille ou l’usage de son cerveau, ni par sa compétence en un domaine précis (philosophie, sciences humaines, lettres…) mais par sa volonté d’agir sur le monde par "influence". Telle est du moins l’acception qui s’est imposée avec le « manifeste des intellectuels » au moment de l’affaire Dreyfus : se considéraient comme tels ceux qui protestaient contre la condamnation du capitaine Dreyfus au nom de principes universels de droit de justice et de vérité. L’intellectuel intervient dans les affaires publiques au nom d'une compétence ou réputation acquise ailleurs. Il rentabilise en droit d’intervention dans les affaires de la cité les dividendes d’une œuvre supposée de l’esprit.

Il en existe donc bien des variantes historiques de l’intellectuel. Le « clerc » de Benda qui s'exprime au nom de valeurs statiques, abstraites, désintéressées (et ouvertement détachées de toute contingence pratique), voire contre les intérêts de son propre pays. Le clerc de Sartre ( dans son « plaidoyer pour les intellectuels ») engagé, toujours en situation entre dominants et dominés, ne pouvant "s'évader" même par le silence, pur produit de son temps, vivant sa contradiction (de l'Universel et du particulier) et la dépassant en rejoignant le camp des opprimés. L'intellectuel selon Aron ("L'opium des intellectuels"), victime des mythes du temps en est la contre-figure parfaite : il est le fourrier des idéologies politiques qui «mêlent toujours, avec plus ou moins de bonheur des propositions de fait et des jugements de valeur».

Dans la même veine François Furet le voit enclin à « l’illusion» du communisme. L’intellectuel organique (selon Gramsci) est engagé au service d’une cause, il conteste l’hégémonie culturelle d’une classe et exprime les besoins d’une autre. L’intellectuel critique cher à l’école de Francfort est le dénonciateur du système et de l’idéologie dominante, même si sa protestation n’a parfois qu’une valeur de témoignage moral désespéré.

Plus récemment, est apparu l’intellectuel médiatique, triple spécialiste de l’universel, du général et du moral, tranchant de tout surtout sur les plateaux de télévision, généralement pour s’indigner et condamner. À la fois média-dépendant et produisant des considérations qui ne fâchent pas vraiment grand monde, ce personnage peut être une force d’appoint pour les pouvoirs, mais désormais loin derrière les people et les « figures de la société civile ».

On le voit, l’intellectuel tel que nous le connaissons en France est l’homme du « hors champ » : son « pouvoir » – qu’il se manifeste par la capacité de jouer sur la carrière des collègues universitaires ou en apparitions télévisées – s’exerce toujours hors de son domaine de compétence : la production d’idées : Zola n’est pas grand romancier quand il écrit « J’accuse » ni Sartre bon philosophe quand il se fourvoir avec la Gauche Prolétarienne. Bien entendu le pouvoir intelelctuel d’emprise (relayé par les médias) peut tomber juste et défendre de bonnes causes mais cela n’en fait pas un pouvoir des idées, mais plutôt de l’image des idées.


Le pouvoir des idées

Le pouvoir des idées, au sens de la capacité qu’ont certains énoncés d’entraîner conviction et de produire des effets de réel est d’une autre nature.
Nous tenterons d’en examiner trois aspects du point de vue stratégique :

- Les idées peuvent être la traduction abstraite voire la justification d’intérêts concrets (il y même des théoriciens qui pensent qu’elles se réduisent uniquement à cela : mais c’est un autre débat). Elles servent alors à la mesure de leur valeur argumentative en faveur d’une thèse, ce qui justifiera leur approbation, leur diffusion, voire leur « envoi » vers la cible la plus appropriée, là où elles favorisent les réactions espérées (le législateur, les élites dirigeantes). Ou encore les idées servent à dissimuler (y compris aux yeux de celui qui les énonce et qui y croit) des rapports de force, les besoins et les désirs d’un groupe et présentent comme vérités universelles ce qui, en réalité, est la vision propre à certains groupes ayant certains intérêts. Il suffit de voir comment la National Rifle Association est classée sur certains sites US comme une think tank, de penser aux millions de dollars de subventions distribués par les pétroliers américains aux centres de recherche qui doutent du réchauffement climatique ou de songer aux laboratoires et fondations pour la recherche sur le cancer créées par les compagnies de tabac.

- Les idées peuvent être considérées comme inspiration : des « réponses » à des questions. Elles peuvent porter sur la façon de résoudre un problème ou sur l’avenir, sur les dangers et les opportunités qu’il présente. Il s’agit alors d’hypothèses plus ou moins ingénieuses et originales susceptibles de déboucher sur des propositions d’action efficaces. Leur valeur prédictive est alors le principal critère de leur choix. Elles éclairent et conseillent la décision. C’est un idéal américain qu’incarnent assez bien la Rand Corporation ou le Hudson Institute, grands pourvoyeurs de visions futurologiques ou de plans à la demande dès les années 1960.

- Les idées, enfin, peuvent se combiner à d’autres idées, former un système et susciter une adhésion plus ou moins passionnée. Elles incarnent des valeurs, présentent une certaine cohérence, réfutent d’autres systèmes. Elles visent à se transformer en pouvoir, à commander aux hommes des jugements et des comportements. Elles sont alors ébauches ou composantes d’idéologies ou de doctrines. Leur fonction est de recruter, à des niveaux très différents, qu’il s’agisse de recruter des partisans aux sein de la communauté scientifique ou d’alimenter un parti en thèmes et programmes. Nous avions évoqué sur ce site la notion de « société de pensée » inventée par Augustin Cochin pour décrire l’action des philosophes des Lumières et de leurs suiveurs. Mais cette notion de réforme de la société sous l’impulsion de quelques penseurs retrouve une grande actualité avec les think tanks. Un journaliste anglais (cité par Stephen Boucher dans « Les think tanks ») déclarait même : « Comment changer le monde ? Eh bien, il y a des voies évidente comme prendre le pouvoir, être monstrueusement riche ou suivre péniblement les processus électoraux. Et puis il y a les raccourcis comme le terrorisme et les think tanks. »

Bien entendu, la distinction – intérêts, inspiration, idéologie - ne se retrouve jamais à l’état pur : simplement une des « fonctions » prédomine dans chacun des cas.

Quand un lobby crée un comité d’experts ou un laboratoire soi disant indépendant dont le but unique est de proclamer l’innocuité d’une industrie ou d’améliorer l’image d’un pays, il est évident que les idées servent alors de plaidoyer intéressé : les réponses précédaient les questions. Mais cela ne peut se faire que sous la fiction d’une expertise que l’on consulte et en s’appuyant sur les idéologies qui prédominent dans une société.

Quand un gouvernement se tourne vers un comité consultatif de spécialistes, forme un groupe ad hoc, demande un rapport à des gens compétents, il est censé recevoir à la fois vraies et énoncées en toute indépendance. C’est en particulier une tradition très vive aux Etats-Unis, celle du « problem solving » confié à des experts, tradition elle-même appuyée sur la confiance dans le « social scientist » : leur « science » des sociétés humaines doit précisément aider à en rationaliser le fonctionnement. Mais, il est évident que les réponses ne sont pas sans rapport avec les attentes des commanditaires. Par ailleurs, cette notion d’une perfectibilité des sociétés réformables grâce aux apports de la science toujours en progrès est une vision très idéologique (celle de la « fin des idéologies ») .

Enfin une « société de pensée » qui prétend changer le monde par la force des idées ne peut négliger ni la caution d’une certaine expertise ou d’une prétendue scientificité pour appuyer ses diagnostics, ni, dans sa stratégie de diffusion, de s’appuyer sur des intérêts pour se trouver des alliés et des propagateurs.

Cette grille, toute relative qu’elle soit, aide à décrire certains phénomènes de nos sociétés d’opinion et de communication où la séduction des idées tient un tel rôle, elle-même fonction de leur exposition et de leur médiatisation.

USA et France


Un exemple canonique est celui de la conquête du pouvoir culturel par les néo-conservateurs américains. Ils ont suivi un long chemin depuis la défaite de Godwater en 1964, date qui marque une véritable mobilisation de tous ceux qui sont persuadés d’avoir perdu le pouvoir intellectuel face aux gauchistes des Universités, aux libéraux des médias à la mode (ou l’inverse) mais aussi face à la « nouvelle classe » imprégnée de valeurs de gauche ou non traditionnelles, aux « progressistes» qui régnaient dans les administrations.
La droite du parti républicain excellera dans plusieurs domaines : la production et la diffusion de théories autant auprès des décideurs que du grand public, la conquête des médias, l’art de financer les idées (et les institutions qui les répandent), la manière d’aider les carrières des « bons éléments » qui pensaient « bien » dans l’administration comme dans les médias ou le privé… Grâce aux instituts amis, l’intellectuel conservateur trouvera des maisons d’éditions ouvertes, un lectorat potentiel, un accès aux médias et quasiment un plan de carrière. Les néo-conservateurs savent aussi lier des alliances que ce soit avec les milieux de la « droite chrétienne » ou chez les sionistes purs et durs. Et surtout tout est orienté vers la mise en œuvre : les idées ne sont pas faites pour rester dans le ciel de l’abstraction mais pour se traduire en influence et décisions.

La lutte entre think tanks (voir liste) de droite et de gauche a commencé dès les années 70. Mais le phénomène est devenu évident sous Reagan quand chacun doit constater, comme le sénateur Monyhian, « les Républicains sont devenus le parti des idées. » Quitte parfois à se définir systématiquement contre leurs consœurs qu’elles disent « libérales » (comme Brookings , Carnegie voire la Rand Corporation ), les think tanks conservatrices veulent gagner la guerre dans les libraires, sur la scène des médias et dans les couloirs du pouvoir.

À ce jeu-là, elles ont écrasé les centres de recherche démocrates. Ne serait-ce qu’en trouvant plus de crédits et en les utilisant bien. L’historien Paul Gottfried, explique dans The Conservative Movement que les « activistes néo-conservateurs ont su parfaitement maîtriser les systèmes de recherche de fonds auprès des institutions « philanthropiques » de droite.

Mais cela n’explique pas tout. Face aux néo-conservateurs conquérants, les libéraux – au sens américain- semblaient, sinon persuadés que le monde actuel est le meilleur possible, mais étaient du moins, plus soucieux de perfectionner la société que de la changer. Paradoxalement, aux USA, la mentalité de conquête révolutionnaire était passée chez les républicain.

Les premiers font la pluie et le beau temps à CSIS (Center for Strategic and International Studies) très influent dans les milieux de la Défense et de la diplomatie, à American Entreprise Institute plus centré sur les problèmes économiques, à la puissante Hoover Foundation, à Heritage, d’un niveau académique moindre mais très active à l’égard du pouvoir politique et des médias. Et finalement, ce sont parfois des think tanks de droite, mais libertariennes, comme Cato qui leur opposent la réplique intellectuelle la plus forte.

Est-ce un exemple (ou un contre-exemple pour qui souhaite le triomphe d’idées opposées à celles des néo-conservateurs) que l’on puisse transposer en France ?

Probablement pas pour toute une série de raisons qui tiennent à notre culture :

- La France est un pays qui croit davantage au pouvoir intellectuel tel que nous l’avons défini plus haut qu’au pouvoir des idées. Nos élites adorent fréquenter des philosophes ou des écrivains et les hommes politiques aiment faire croire qu’ils écrivent des livres. Mais dès qu’il s’agit d’appliquer des réformes on demande un plan à de hauts fonctionnaires. L’idée que les idées soient faites pour éclairer la réalité et pour être appliquées n’est pas passée dans les mœurs et le rôle « critique » du fulminateur qui ne dit jamais ce qu’il faut faire est si confortable…

- Chez nous les partis sont considérés comme les médiateurs naturels des nouvelles idées. Il leur arrive de se tourner vers des « fournisseurs » en réunissant au sein d’un club ou d’un comité de réflexion quelques universitaires amis et des spécialistes de tel ou tel domaine. Comme on se tournerait vers un conseiller spirituel pour lui demander un supplément d’âme afin de mener des affaires très temporelles. L’idée doit devenir programme qui deviendra discours et qui sera mise en œuvre quand les gens sérieux seront élut : tel est le schéma dominant.

Résultat : dès que l’on prononce le nom d’un centre de recherche ou d’une « think tank française », on songe aussitôt à un parti ou à un homme politiques. La Fondation pour l’Innovation Politique ? UMP. La fondation Jean Jaurès ? PS. Gabriel Péri ? PC. À gauche en Europe ? machine de campagne de DSK. Notre Europe ? bastion deloriste. Club 89, Juppé et Toubon. Socialisme et démocratie ? Cambadélis. Cercle Condorcet ? Gauche tendance Ligue de l’Enseignement. La République des idées ? Tradition de la CFDT. Institut Montaigne ? Patronat éclairé. Dites un nom et voyez ce que cela évoque spontanément (même si c’est horriblement simplificateur).

- Le rôle de l’État est également fondamental en matières d’idées : c’est une ressource qu’il tend à nationaliser, même quand il est libéral. Dans notre pays un centre de recherches d’idées est ou bien affilié à un ministère, ou bien à une administration : Plan, Conseil d’Analyse Économique, Centre d’Études et de Recherches Internationales, Observatoire Français de Conjonctures Économiques et beaucoup d’autres…
- Dans une moindre mesure, il se pourrait que l’importance très particulière des revues d’idées dans notre pays, voire une certaine tradition qui considère la prodution collective d’idee comme une activité bénévole y soient pour beaucoup.

Même si l’opposition Etats-Unis contre France est un peu caricaturale, que retenir ? Qu’il y a beaucoup de chemin à parcourir chez nous pour voir éclore de vraies think tanks.

Bien sûr l’IFRI, l’IRIS (auquel vont toutes les sympathies de l’auteur pour des raisons évidentes) ou la Fondation pour la Recherche Statégique n’ont pas à rougir face à leur homologues d’outre- Atlantique. Reste que nous n’avons pas encore trouvé la formule magique pour concilier les ingrédients indispensables :

- la professionnalisation de l’activité de think tanks (c’est-à-dire en fait le financement par plusieurs sources d’un travail intellectuel collectif)

- l’indépendance à l’égard de l’État, des partis et des intérêts économiques

- l’indépendance qu’assure la réputation (ce qui veut dire le bon fonctionnement des réseaux qui font cette réputaiton dans les médias, l’Université, le monde politique et la République des lettres)

- une véritable capacité de proposition au service du Bien Public

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