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Soft power et messianisme
Missionnaires et guerre au terrorisme

« Nous avons trouvé notre mission » s’écriait G.W. Bush au lendemain du 11 septembre.

Mission d’abord militaire : c’est la «guerre à la terreur» présentée un moment comme « croisade » puis «opération
justice infinie». Puis elle devint une doctrine, la « frappe préemptive», censée éliminer les dangers avant qu’ils ne se forment, et un slogan politique, « quatrième guerre mondiale » (la troisième étant la guerre froide, la quatrième oppose
modernité et islamisme).

Le but est le même : faire du monde un « lieu sûr » pour la démocratie, combattre réseaux terroristes, États voyous et Armes de Destruction Massive de telle sorte que nul ne puisse ni former le projet ni accumuler les moyens de « menacer le mode de vie américain ».

L’hyperpuissance sans rivale ne tolère plus d’ennemis même virtuels, mais elle le fait dans l’intérêt de tous les hommes. Tel est, sans trop forcer le trait, le discours de l’actuelle administration inspirée par les néo-conservateurs.

Mais leur programme ne se résume ni à l’arrestation des méchants ni au monopole planétaire de la violence légitime. La « mission » proclamée est aussi de répandre l’amour de la liberté, « don de Dieu » que « refusent » terroristes et tyrans, pour reprendre les mots du même G.W. Bush. Du reste, dans la phraséologie néo-conservatrice, les ennemis (qu’il s’agisse d’al Quaïda ou de la résistance irakienne) sont rituellement désignés comme « les extrémistes qui haïssent la liberté. ».

«De grandes Nations dont l’identité est idéologique comme l’Union Soviétique d’hier et les Etats-Unis d’aujourd’hui ont inévitablement des intérêts idéologiques outre leurs intérêts
matériels» précise Irving Kritsol chef de file de ces intellectuels partisans de la paix par la force. Il sont persuadés, qu’outre des armes pour faire-mourir, il faut des moyens et des techniques pour faire-croire. Les missiles ne valent rien sans émissions ni émissaires.
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