huyghe.fr - Le site de François-Bernard Huyghe
OK
 Sur Twitter : @huyghefb
 Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie
 Terrorisme
 Affrontements, stratégies et images
 Information, pouvoir et usage : l'infostratégie
 Intelligence économique : du savoir à l'influence
 Pouvoirs et information
 Transmission et communication : la médiologie
 Médiologie au présent
 Médiologie de l'histoire
 Divers
 Textes à télécharger
 Huyghe Infostratégie Sarl
Divers
Influence : méthodes, vecteurs, conflits
Cours CELSA Septembre 2015

Présentation du cours

Influence est une notion qui s'utilise  de plus en plus   en économie, et pas seulement sous sa forme de la publicité, du marketing, bref de la séduction .

En intelligence économique, elle  constitue un volet complémentaire de deux autres composantes qu’il est convenu d’appeler “protection du patrimoine informationnel” et “détection des menaces et opportunités” (traduction  : gardez vos secrets et renseignez-vous  à temps). L’influence est souvent définie par le management comme  capacité de modifier un environnement en agissant sur les perceptions des “parties prenantes” (stakeholders). Ce sont entre autres les médias, les groupes concernés, les  organisations de la société civile, l’opinion en général… En clair : agir  sur ce que pensent et jugent les autres pour produire des représentations ou des attitudes favoracles à vos intérêts.

D’où une très vaste gamme de méthodes positives (politique de réputation, lobbying…) ou négatives (déstabilisation, désinformation).  Cela va d’une simple campagne de persuasion ou d’argumentation ciblée jusqu’à des opérations à grande échelle, impliquant le soutien (ou la complicité) de la puissance politique. Elles peuvent viser à la conquête de marchés et au “formatage” durable des élites et des opinions suivant un processus quasi idéologique. Elles peuvent également jouer un rôle perturbateur pour handicaper un concurrent. Elle peut viser à provoquer de l'adhésion ou de la défiance,  imposer des cadres mentaux ou des illusions. Et plus les technologies de l'information et de la communication se développent et se démocratisent en apparence, plus se perfectionnent des méthodes  de contrôle, déstabilisation, illusion,  tricherie, coopération, etc. qui font du cyberespace un espace stratégique par excellence.

Bien entendu, l'influence économique ne peut se comprendre sans la replacer dans le cadre général de l'influence, qui est aussi une notion psychologique, sociologique, culturelle, géopolitique, politique, militaire, idéologique, etc.

Par ailleurs, l'influence - stratégie asymétrique utilisant des signes pour obtenir un assentiment ou un comportement- ou art d'agir sur autrui sans force ni contrepartie -  a forcément une histoire

- celle des idées : pourquoi et comment faire. de Socrate à Julien Assange ou de Sun Tzu aux spin doctors, les techniques sont riches

- celle des vecteurs. L'influence, dès qu'elle quitte le domaine des relations interindividuelles, ne se pratique plus seulement avec des mots et des attitudes. Il faut des moyens matériels de propagation et de rassemblement (des médias, des réseaux) mais aussi des collectifs (des groupes ou insitutions dont la fonction est d'agir sur le cerveau de leurs contemporains : prédicateurs, intellectuels, activistes, communicants, e-influents, groupes "de la société civile", ONG, Lobbies, Think tanks, etc.) 

- celle des affrontements. L'influence n'est pas seulement une compétition pour obtenir plus de votes, d'achats ou d'approbation que son rival par un récit plus séduisant ou plus moderne.  C'est une lutte qui peut produire du dommage. Nous l'examinerons sous un double aspect, du reste complémentaire et indissociables. La désinformation comme art de faire perdre en faisant croire. Et la crise qui obsède les organisations contemporaines et qui est presque toujours une crise d'information (celle qu'il aurait fallu avoir, celle que l'on aurait dû diffuser, celle qu'il aurait fallu empêcher de circuler, etc.

L’influence est une façon de changer un rapport de force par l’emploi délibéré d’informations qui, eux-mêmes, modifient  la façon dont un décideur ou l’opinion en général interprète une situation.  Si elle  sert à obtenir des comportements, sans utiliser la force ou l’autorité, sans avoir à verser de contrepartie, elle le fait à travers trois dimension toujours imbriquées de fait : l’image que l’on émet, le message que l’on produit, mais aussi la synergie des réseaux..



Plan et détails du cour :http://celsarosc.tumblr.com

 Imprimer cette page