huyghe.fr - Le site de François-Bernard Huyghe
OK
 Sur Twitter : @huyghefb
 Comprendre les conflits : une nouvelle polémologie
 Terrorisme
 Affrontements, stratégies et images
 Information, pouvoir et usage : l'infostratégie
 Intelligence économique : du savoir à l'influence
 Pouvoirs et information
 Transmission et communication : la médiologie
 Médiologie au présent
 Médiologie de l'histoire
 Divers
 Textes à télécharger
 Huyghe Infostratégie Sarl
Divers
Présentation du cours sur la désinformation

Désinformer n'est pas mentir. L'homme étant selon Popper "l'animal qui ment" (et cette faculté de produire des illusions, de détacher la pensée du réel et de s'auto-illusionner ayant sans doute beucoup contribué au triomphe de notres espèce) nous mentons tous. Y compris à nous-mêmes.



Une définition cohérente de la désinformation ne doit pas en faire un synonyme de "toutes les fariboles que racontent les gens qui ne pensent pas comme moi surtout en politique", ni de "toutes les déformations qu'infligent les médias à la réalité".



La désinformation suppose de la fabrication : faux documents, fausses preuves, mises en scène..., pour soutenir la force de la parole seule.



Elle doit être délibérée et pensée stratégiquement dans le but d'affaiblir le camp adverse (en ce sens il est difficile de faire de la désinformation "positive", et c'et plutôt le travail de la propagande). Un affabulateur ou un mythomane sont de mauvais désinformateurs : ils parlent trop d'eux et au premier degré



Sutout la désinformation doit être médiatisée : il s'agit de faire passer et de rendre contagieuse une information que l'on a fabriquée pour nuire. Et de la présenter comme émanant d'une source primitive neutre (ou mieux : de la victime elle-même).



Donc si la fausseté de l'énoncé est une condition de la désinformation (si leurs révélations sont vraies, et le le sont très vraisemblablemet, Assange et Snoxden ne désinforment pas), elle requiert aussi des relais (humain ou techniques), un peu de mise en scène pour la rendre plus attrayante, i.e. correspondant mieux aux attentes des crédules qui la goberont,et surtout une visée stratégique : décrédibiliser, délégitimer, ridiculiser, diviser un camp, etc.



Cela dit, le plus remarquable dans la pratique de la désinformation est d'abord qu'elle a énormément évolué au cours de l'Histoire (pour des raisons de rapports de force idéologique et de développement technologique) et que les conditions de son efficacité varient (par exemple : une mutliplication de sources d'information concurrentes, souvent critiques, accessibles à tous de partout comme sur les réseaux sociaux mtulplie les faits de désinformation au lieu de les supprimer, mais en raccourcit peut-être la durée de vie). On a compris que la question de la désinformation est liée à celle des outils de communication dominant une époque.`



Pour faire simple :



- pendant la guerre froide la desinformatzyia soviétique se traduit par des "montages" de faux crimes ou trahisons du camp occidental



- la décennie 90 est l'occasion de constater que les interventions "humanitaires" et autres ingénrences s'accompagnent de la diabolisation des adversaires grâce à des "forgeries" souvent produites par des professionnels



- les luttes idéologiques et "sociétales" plus récentes s'accompagnent sur le Web 1 et 2 (les réseaux sociaux) d'une intense production de fausses informations, rumeurs, théories délirantes, accusations de complot (ou de "complotisme"). Il faut reconnaître que l'expansion des technologies numériques et des réseaux, dont beaucoup espéraient qu'ils donneraient une voix à tous les acteurs et permettraient la vérification de tous les mensonges "officiels", ne sont pas obligatoirement synonymes de disparition du faux. Médias partout (y compris dans notre poche avec nos smartphones qui nous permettent de témoigner ou de pratiquer le e-journalimse) ne singnifie pas vérité toujours.



- l'entreprise, de plus en plus obsédée par son image "citoyenne" et sa e-réputation vit dans la crainte de l'image, de la rumeur, du document révélé, de la mobilisation en ligne qui déclencheront la crise de réputation et où elle voit souvent l'ombre de la désinformation menée par des concurrents.



- ceux-là mêmes qui prétendent dévoiler les manipulations officielles et les trucages des médias dominants, rentrent facilement dans la théorie de la conspiration. Ils imaginent des preuves surabondantes que rien n'est comme on le raconte aux citoyens et confirment collectivement des interprétations délirantes. Mais l'accusation de complotisme ou la métapropagande (démonstration que l'on prétend administrer que tout ce que dit l'adversaire est désinformation et propagande) se multiplient aussi. Si bien que, par un jeu d'abyme, on apparaît toujours, en particulier sur les réseaux de quelqu'un comme le jobard de l'un ou le désinformateur de l'autre.



Le cours se propose de présenter l'évolution historique, idéologique et technique du phénomène désinformation, d'en tracer les limites par rapport à d'autres formes d'influence, d'en exposer les techniques et organisations spécialisées, mais surtout de réfléchir à notre rapport avec la vérité historique qui passe par l'intermédiaire du média et des communautés humaines à l'époque du scepticisme de masse (mentalité "la vérité est ailleurs").





Bibliographie sur la désinformation




 Imprimer cette page