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Attentats de Toulouse et Montauban

Rien de plus hasardeux que de spéculer sur les responsables d'un attentat à chaud, d'après des éléments repris dans la presse et en pleine émotion. Lors de l'attentat à la moto piégée contre la synagogue de la rue Copernic en 1980 (quatre morts), les médias avaient immédiatement désigné les coupables : des néo-nazis français d'un groupuscule, la FANE. Quelques jours plus tard des dizaines de milliers de manifestants  défilaient derrière des banderoles et dénonçaient la complicité de Giscard d'Estaing (qui resta persuadé que cette accusation injuste lui avait couté sa réélection) et de son ministre de l'intérieur. Plus tard, il fallut reconnaître que les coupables étaient liés à un mouvement palestinien opposé à Arafat, sans doute le FPLP de George Habache. Du reste vingt-deux ans plus tard, un suspect appréhendé au Canada risque d'être extradé et jugé en France. En, sous la gauche, la fusillade de la rue des Rosiers de 1982, non revendiquée elle non plus, fut attribuée avec raison à une fraction palestinienne.
Et, en 1995, au cours de la série d'attentats menés par le GIA en France (dont l'explosion au métro Saint Michel), lorsqu'une bombe éclata contre une école juive de Villeurbanne, la piste algérienne sembla évidente.

Dans le cas présent, les commentateurs sont réduits à raisonner à partir de trois éléments.
Le modus operandi - un tireur calme sans doute habitué aux armes recopiant des méthodes d'exécuteur de la pègre -, la zone géographique -qui semble plutôt indiquer un solitaire agissant sur un territoire familier - et, bien entendu, les victimes : enfants juifs, militaires français (chrétiens et musulmans). On peut imaginer, mais avec peine, un déséquilibré dont le délire associerait  kippas et bérets rouges dans un même haine liée à son parcours personnel. 
Ou un "loup solitaire" jihadiste autoradicalisé et qui voudrait tirer vengeance des crimes des Juifs et des Croisés (en l'occurrence des paras, associés à la guerre d'Afghanistan, et qui, circonstance aggravante, auraient des têtes à devoir être musulmans). 
Bien entendu, il ne manquera pas non plus de thèses du complot pour expliquer ces trois crimes par quelque manœuvre diabolique liée aux élections.
Autrement dit, ce tueur éclectique qui n'éprouve pas le besoin de s'exprimer nous réduit aux conjectures de café du commerce. Ou aux rumeurs comme celle qui décrit un ancien militaire, néo-nazi, avec un tatouage asiatique sur la figure et portant une mini-caméra autour du cou que l'on n'oserait pas imaginer dans un épisode des Experts ou d'Esprits criminels.

Seule certitude : un événement totalement imprévisible vient de déclencher un bouleversement politique que nous ne mesurons pas encore.


Décennie du terrorisme

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