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Biais cognitifs

La capacité du cerveau humain à reproduire des erreurs de jugement (y compris en mésinterprétant le sens des messages) est aggravée par sa tendance à adopter des conduites en contradiction visible avec les données de l’expérience ou les connaissances communément disponibles.


On regroupe sous le terme de biais cognitifs tous les types d’erreurs de ce genre. Des disciplines comme les sciences cognitives ou la pragmatique de la communication s’interrogent sur les mécanismes qui conduisent à des visions déformées.



Certaines erreurs s’expliquent par de simples illusions d’optique ou des défauts d’attention ou de mémoire. D’autres ressortent à des fautes de raisonnement : ainsi les sophismes, raisonnements fallacieux, ne réussissent à persuader que dans la mesure où nous ne réalisons pas comment ils mènent à des conclusions faussées ou exagérées. Nombre de biais sont émotionnels : cela signifie simplement que nous sommes trop égarés par nos passions (folles espérances, antipathie envers l’interlocuteur…) pour raisonner logiquement. Beaucoup de ces biais sont exploités par les techniques d’endoctrinement, de propagande ou de simple persuasion. Cela vaut depuis les banales – et relativement innocentes -méthodes de vente jusqu’à l’aliénation totale de l’individu dans les sectes.



Certains biais – par exemple ceux qui touchent à l’évaluation des probabilités statistiques – sont tout à la fois source d’erreurs dans des raisonnements scientifiques et une faiblesse qu’exploitent les marchands de merveilleux (« Vous n’allez pas me dire que c’est par hasard que… »).


On mentionne souvent la dissonance cognitive : c’est le processus par lequel un sujet à tendance à modifier ses opinions et attitudes afin de les mettre en harmonie, comme à moindre coût, avec ses autres opinions, notamment avec celles qu’il professe en accord avec son groupe social. Tout ce qui touche au conformisme, à l’effet de groupe, à l’idéologie au sens large (au sens où, comme le disait Althusser, il y a idéologie quand les réponses précèdent les questions) encourage et exploite des biais cognitifs.



Ceux-ci sont donc très nombreux, mais il est possible de les regrouper en quelques figures répétitives. Certaines sont connues depuis toujours.


Ainsi le syllogisme «post quod ergo propter quod » : la tendance à croire que si un événement B suit un événement A, il est provoqué par lui. L’effet d’ancrage nous amène à surévaluer un critère dans un choix et à négliger les autres.


Le biais de « confirmation » qui touche jusqu’aux scientifiques est la tendance à ne retenir que les indices qui confirment nos présuppositions et à s’aveugler à ceux qui les contredisent. 


On peut ainsi dresser des listes de dizaines de « biais » dont les plus fascinants sont sans doute les biais qui amènent des organismes dont les membres sont souvent individuellement des gens très intelligents à prendre collectivement des décisions visiblement absurdes. Connaître ses propres biais est indispensable pour toute anticipation.


La citation Michel Leiris « Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. » Journal 1992


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